dimanche 10 mai 2015

Dorothea Lange - Phaidon éditions

Cet article risque un peu de partir dans tous les sens, désolée d'avance ;) J'ai découvert la photographe Dorthea Lange en lisant Les raisins de la colère de Steinbeck. La Grande Dépression, j'en avais entendu parlé pendant les cours en histoire, en économie, mais je n'avais jamais pris sa réelle mesure. Je m'imaginais ça comme une époque où la vie était très dure, mais je n'avais pas conscience qu'on mourrait tout simplement de faim. J'ai oublié cette période, la relègant à un vague concept dans les dissertations. Et puis j'ai lu les raisins de la colère et j'ai pris une immense claque. Le style de l'auteur, la dureté de l'histoire, le courage de ses gens, les conditions de vie. Je n'ai pas pu détacher mes yeux du livre, et après sa lecture, j'ai du lire en anglais et en français pour être sûre de ne rien manquer, comment c'est arrivé, pourquoi, quelles conditions, quelles solutions... J'ai du lire le nom de Dorthea Lange et voir quelques unes des photos pendant ma recherche. Mais je n'ai pas fait le rapprochement tout de suite. C'est quand j'ai vu la couverture de mon livre des raisins, que j'ai percuté. Et j'a i découvert un travail magnifique.
Dorothea Lange est capable de prendre en photo la misère, en mettant en avant la dignité et le courage et non pas la pitié. On perçoit une certaine révolte dans ses clichés, mais cela reste toujours discret: on est dans la photographie documentaire. Les photos disponibles sur internet n'étant pas suffisante à mon goût, j'ai voulu chercher un ouvrage qui m'en dise plus sur sa démarche. Or les livres de photographie, ça coûte trèèèès cher en général. Donc j'avais laissé ça de côté. Jusqu'à ce que je tombe sur la collection "55".
J'ai pu me procurer pour 4,70 l'essentiel du travail de la photographe commenté. Des commentaires pertinents, qui situent la photo dans son époque, par rapport au vécu de l'auteur, au vécu du sujet photographié. J'ai dévoré ce bouquin.

Alors évidemment, pour les amateurs de Beaux Livres ce n'est pas l'idéal. C'est une collection poche, en 14x16 cm, broché, une lecture le dos du livre est déjà décollé. Mais les photos et le papier sont de très bonne qualité. Et le contenu l'est aussi. Peut être pas assez technique pour des photographes professionnels (si vous souhaitez savoir quel objectif avec quel isométrie et quelle pellicule, ce n'est pas le livre qu'il vous faut) mais tout à fait pertinent pour les curieux.

Quelques unes de ses photos ici... Mais ce n'est pas tout (je vous avais dit que cet article serait un peu chaotique hein!). J'ai découvert en lisant ce bouquin quelque chose dont je n'avais jamais entendu parler: les War Relocation Centers. Qu'apprend-t-on à l'école? Je vous le demande. En gros de ce que j'ai compris, ce sont des camps d'internement aux Etats-Unis, où des japonais-américains ont été internés suite à l'attaque de PearlHarbour en préventif.

En français l'article wikipédia est très euh? succinct, mais en anglais il est beaucoup plus complet. Je vais donc m'intéresser à la question. Si par hasard vous connaissiez des romans / témoignagent qui relatent ces évènements, cela m'intéresserait :) Je mens un peu quand je dis que je n'en avais jamais entendu parler, cette chanson du groupe Fort Minor (groupe solo de Mike Shinoda rappeur du groupe Linkin Park) est à ce propos, mais je n'avais jamais compris de quoi cela parlait vraiment:
My father came from Japan in 1905
He was 15 when he immigrated from Japan
He worked until he was able to buy to actually build a store

Let me tell you the story in the form of a dream,
I don't know why I have to tell it but I know what it means,
Close your eyes, just picture the scene,
As I paint it for you, it was World War II,
When this man named Kenji woke up,
Ken was not a soldier,
He was just a man with a family who owned a store in LA,
That day, he crawled out of bed like he always did,
Bacon and eggs with wife and kids,
He lived on the second floor of a little store he ran,
He moved to LA from Japan,
They called him 'Immigrant,'
In Japanese, he'd say he was called "Issei,"
That meant 'First Generation In The United States,'
When everybody was afraid of the Germans, afraid of the Japs,
But most of all afraid of a homeland attack,
And that morning when Ken went out on the doormat,
His world went black 'cause,
Right there; front page news,
Three weeks before 1942,
"Pearl Harbour's Been Bombed And The Japs Are Comin',"
Pictures of soldiers dyin' and runnin',
Ken knew what it would lead to,
Just like he guessed, the President said,
"The evil Japanese in our home country will be locked away,"
They gave Ken, a couple of days,
To get his whole life packed in two bags,
Just two bags, couldn't even pack his clothes,
Some folks didn't even have a suitcase, to pack anything in,
So two trash bags is all they gave them,
When the kids asked mom "Where are we goin'?"
Nobody even knew what to say to them,
Ken didn't wanna lie, he said "The US is lookin' for spies,
So we have to live in a place called Manzanar,
Where a lot of Japanese people are,"
Stop it don't look at the gunmen,
You don't wanna get the soldiers wonderin',
If you gonna run or not,
'Cause if you run then you might get shot,
Other than that try not to think about it,
Try not to worry 'bout it; bein' so crowded,
Someday we'll get out, someday, someday.

As soon as war broke out
The F.B.I. came and they just come to the house and
"You have to come"
"All the Japanese have to go"
They took Mr. Ni
People didn't understand
Why did they have to take him?
Because he's an innocent laborer

So now they're in a town with soldiers surroundin' them,
Every day, every night look down at them,
From watch towers up on the wall,
Ken couldn't really hate them at all;
They were just doin' their job and,
He wasn't gonna make any problems,
He had a little garden with vegetables and fruits that,
He gave to the troops in a basket his wife made,
But in the back of his mind, he wanted his families life saved,
Prisoners of war in their own damn country,
What for?
Time passed in the prison town,
He wanted them to live it down when they were free,
The only way out was joinin' the army,
And supposedly, some men went out for the army, signed on,
And ended up flyin' to Japan with a bomb,
That 15 kilotonne blast, put an end to the war pretty fast,
Two cities were blown to bits; the end of the war came quick,
Ken got out, big hopes of a normal life, with his kids and his wife,
But, when they got back to their home,
What they saw made them feel so alone,
These people had trashed every room,
Smashed in the windows and bashed in the doors,
Written on the walls and the floor,
"Japs not welcome anymore."
And Kenji dropped both of his bags at his sides and just stood outside,
He, looked at his wife without words to say,
She looked back at him wiping tears away,
And, said "Someday we'll be OK, someday,"
Now the names have been changed, but the story's true,
My family was locked up back in '42,
My family was there it was dark and damp,
And they called it an internment camp

When we first got back from camp... uh
It was... pretty... pretty bad

I, I remember my husband said
"Are we gonna stay 'til last?"
Then my husband died before they close the camp.

Il y a un autre ouvrage de Dorothea Lange sur le sujet mais je vais essayer d'élargir ma culture photographique à d'autres artistes (ou plutôt créer ma culture photographique :p). Justement le livre évoque une autre femme photographe Margaret Bourke-White, qui fut la première correspondante de guerre de l'armée américaine, elle a aussi pris des photos sur cette thématique mais sous un autre angle (celui de la pitié d'après Mark Durden), et elle a couvert divers conflits. Peut être est-ce ma prochaine cible. Si vous avez de photographes à me conseiller, je serais ravie de découvrir :)

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