dimanche 10 mai 2015

Les bonbons chinois - Mian Mian

Sex, drug and rock & roll !!! La jeune génération chinoise rattrape le temps perdu dans sa course à l'occidentalité, pour le meilleur et pour le pire. Chronique des années 1989-1996, Les Bonbons chinois de Mian Mian est le récit d'une adolescente plongeant dans la drogue, l'héroïne plus précisément, qui va transformer sa vie et celle de ses amis en une lente déperdition de soi et une perte totale de repères. Prostitution et délinquance, alcoolisme et cures de désintoxication, le quotidien de la jeune fille s'enfonce dans les cercles de l'enfer avec pour seul espoir : préserver un amour impossible pour un guitariste de rock, du nom de Saining, aussi junky et désabusé qu'elle. Ces bonbons chinois ont un drôle de goût, plus amers que doux. La pilule a du mal à passer. Après s'être fait connaître du grand public pour son recueil de nouvelles Lalala et avoir flirté avec la censure, Mian Mian, âgée aujourd'hui de 31 ans, livre avec Les Bonbons chinois son premier roman. Surprenant de violence – parfois jusqu'à l'agacement ! – la jeune écrivain parvient à restituer le malaise d'une génération perdue. --Denis Gombert

Mon avis: J'ai beaucoup aimé ce roman, pour sa violence, pour son style, pour son ambiance rock'n'roll trash... Mais aussi parce qu'il casse les clichés que l'on a sur la Chine. J'ai des amis chinois, je suis allée en Chine, et j'ai souvent entendu des choses sur ce pays et soi-disant absence de révolte, de modernité totalement déconnectées de la réalité. La Chine a aussi ses Punks, ils sont justes arrivés plus tard qu'en Europe, le temps de s'ouvrir. Pour le meilleur, pour le pire. L'histoire est difficile, lente, ponctuée par l'euphorie de la drogue et la descente, la musique Rock'n'roll, les clubs underground. L'histoire d'une jeunesse qui se perd dans le changement, qui essaye de s'inventer. Qui se détruit aussi.  Une histoire d'amour douloureuse, empreinte d'égoisme et de complicité, d'un peu d'espoir et de beaucoup de craintes. Un livre qui prend aux tripes.


"Si je l’aimais ? C’est quoi, aimer ? Parfois il était mon soleil, parfois une dague qui me perçait le coeur. Je ne sais pas si c’est ça, l’amour."
"Sa guitare sèche rendait un son clair et naturel mais ça débordait d’héroïne, à en glacer l’univers. " "Il disait que vivre était souffrir, que ça vous procurait une liberté infinie quand vous aviez compris ça."

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