samedi 25 juillet 2015

Zugzwang - Anthony Boulanger

très chouette couverture de Jimmy Rogon
Zugzwang - Anthony Boulanger

Résumé :

L’évolution. La clé de la survie.

Quand les Intelligences Artificielles ont pris le contrôle d’internet, l’humain s’est adapté. 
Abandonnant leur enveloppe charnelle au profit d’un avatar virtuel, les hommes ont investi ce nouveau terrain de jeu.

Dans ce monde où la réalité n’est plus physique mais digitale, Noctambule, prodige des échecs, s’apprête à livrer une partie dont les enjeux dépassent la lutte entre ivoire et ébène ; une partie qui dépasse les frontières de l’échiquier et se joue dans les recoins les plus sombres du réseau.
Un immense jeu de piste où l’adversaire n’est peut-être pas celui qu’on croit.

"Vous ne verrez plus jamais les échecs de la même façon." Jean-Claude Dunyach, écrivain

Mon avis :


Je suis les travaux d'Anthony Boulanger depuis des années maintenant, je le connais essentiellement pour ses nouvelles, je suis donc ravie d'avoir enfin eu l'occasion de lire ce court roman.

Autant annoncer tout de suite la couleur, c'est un coup de cœur, tant pour la forme que pour le fond ! Il va malheureusement être assez difficile d'en parler, sans dévoiler les mécanismes du jeu, euh pardon, du livre.

Je ne connais rien aux échecs, je n'y ai jamais joué, je ne sais pas à quoi servent les pièces ni quels sont les coups autorisés. Pourtant, je me suis laissée prendre à chaque partie, la manière dont elles sont décrites est très accessible: il s'agit surtout de stratégie et de suspense. Le récit tient vraiment en haleine et on veut un vainqueur! D'ailleurs, ça m'a donné envie d'essayer d'y jouer!

Un autre élément qui m'a énormément séduite, c'est évidemment tout l'aspect protection des données privées, confidentialités, évolutions d'internet... C'est la plus grande force du récit, être absolument divertissant, tout en offrant de nombreuses pistes de réflexion sur les aspects actuels de nos pratiques connectées et de leurs influences "IRL".

Malheureusement, je pense que c'est aussi une des faiblesses de ce roman, si vous n'êtes pas intéressé par les nouvelles technologies et leur fonctionnement, si le deep web ou l'hacktivisme ne vous évoquent rien... ce roman risque d'être un peu hardu. Bon, moi, ça me fait totalement craquer!

Dans ses thématiques, Zugzwang est un roman proche selon moi du cyberpunk, genre que j'adore et qu'on lit trop peu ces derniers temps. On y côtoie différentes variétés d'intelligences artificielles, d'humains connectés aux Nets (il y a des M0rts, qui n'existent plus sur terre mais qui ont une représentation virtuelle par exemple), de programmes, le tout dans un univers crédible. Les relations entre les différentes entités sont tout à fait intéressantes, entre amitié, confiance et défiance en fonction du créateur du "programme" et des tâches qui leurs sont attribuées. 

En 177 pages, l'auteur parvient a créé une réalité "virtuelle" assez solide pour que l'on puisse s'y projeter, avec sa propre histoire* et ses propres codes. Il ne nous laisse jamais sur la touche, distillant des informations suffisamment précises pour que l'on puisse s'orienter dans les différents niveaux de réalité sans jamais donner l'impression de faire un cours magistral.

C'est simple, j'ai lu un chapitre hier, j'ai fini le roman ce soir, et écrit la chronique dans la foulée. 
C'est le genre de roman que je ne peux pas lâcher et que je dévore... mais sur lequel je ferais machine arrière pour mieux apprécier les subtilités. Parce qu'il y en a énormément, ne serait-ce que dans les références disséminées dans tout le récit, que ce soit dans le domaine des échecs,  de l'informatique, du cinéma ou de la littérature!

Et pour couronner le tout, j'ajouterais que ce roman est publié par une petite maison d'édition indépendante Nancéenne "Elenya" et que le choix d'un tel thème est audacieux  et le livre de bonne facture. 


* Un petit bémol, je n'ai pas trouvé très logique que le groupe Nirvana, soit qualifié de groupe du Moyen Âge, il m'aurait paru plus logique de trouver une appellation quelconque pour "notre époque", car je me suis demandée finalement, le moyen âge, comment s'appelle-t-il dans le futur?

2 commentaires:

  1. Youhou, commencé hier soir après Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes russe, je l'ai quasi fini (ce qui reste sera trop court pour le trajet RER de ce soir).
    ça fait longtemps que je n'ai pas joué aux échecs mais ça me donne envie de m'y remettre - et j'ai découvert des versions de jeu que je ne connaissais pas.
    ça m'a un peu fait pensé au film Clones aussi. J'ai adoré les petites références dispatchées un peu partout au fil du roman.
    J'ai bien aimé en tout cas, on s'imagine bien les lieux, les personnages et malgré un vocabulaire "technique" ce n'est pas lourd, et parfaitement compréhensible.

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    Réponses
    1. Contente que ça te plaise!!
      Franchement, j'ai qu'une hâte, c'est de m'acheter un roman de l'auteur, j'adore vraiment sa manière d'écrire!
      Je n'ai jamais joué aux échecs, mais du coup, j'ai regardé un peu comment ça fonctionnait. Mais ça a l'air compliqué sans quelqu'un pour enseigner, avec un manuel c'est dur de se corriger.
      Je viens de finir Ulan Bator, si tu veux le récupérer quand tu viens!

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