jeudi 27 août 2015

Le dernier homme - Margaret Atwood

Le dernier homme 

Renouant avec la tradition des Huxley, Orwell, Bradbury et de sa Servante écarlate, Margaret Atwood nous plonge dans un univers à la fois familier et terrifiant. Un monde dévasté à la suite d'une catastrophe écologique sans précédent, où se combinent des conditions climatiques aberrantes, des manipulations génétiques délirantes et un virus foudroyant prompt à détruire l'ensemble de l'humanité. D'ailleurs, c'est presque fait : d'êtres humains, au début du Dernier Homme, il ne reste que Snowman, lequel est confronté à d'étranges créatures génétiquement modifiées - les Crakers, une nouvelle race d'" humains " programmés pour n'être sujets ni à la violence, ni au désir sexuel, ni au fanatisme religieux -, et à des animaux hybrides qui s'appellent désormais porcons, louchiens ou rasconses... Ce monde visionnaire, c'est presque le
nôtre... Pamphlet politique, conte prophétique : avec son humour noir et son intelligence acérée, un souffle romanesque inouï et une générosité contagieuse, le " meilleur des mondes " glorieusement inventif de Margaret Atwood nous tend un miroir saisissant de vérité.


Mon avis


C’est une relecture, j’avais lu ce livre au lycée et adoré. Je me suis rendue compte seulement cette année que deux autres tomes étaient parus… L’histoire étant riche, j’ai voulu relire avant d’attaquer la suite.

C’est l’histoire de Jimmy ou Snowman, que l’on découvre seul sur une plage après une catastrophe. Seul, dans le sens seul humain, puisqu’il partage la plage avec les Crakers, des humains génétiquement modifiés, plus adaptés à cet habitat que Snowman lui-même.

Le récit est issu d’un va et vient entre le quotidien de Snowman – le présent – et la vie de Jimmy – le passé de Snowman avant qu’il hérite de ce surnom -.

Le quotidien de Snowman consiste à essayer de survivre dans cette nature hostile avec l’aide des Crakers, humanoïdes naïfs et enfantins. La nourriture pour Snowman venant à manquer, il va devoir quitter sa zone de confort pour retourner en ville faire des provisions.

L’histoire de Jimmy commence avec son enfance dans une famille de moins en moins fonctionnelle et aimante. Ses parents sont tous les deux des scientifiques spécialisés dans la génétique. Puis on le suit à l’adolescence, son père rejoint une nouvelle firme plus importante, sa mère est dépressive, il est très moyen en science donc une déception pour sa famille… Il va faire la rencontre décisive de Crake. On le suivra également à l’université puis dans son premier emploi minable.

Au fur et à mesure  que Snowman approche de la ville et de la nourriture, on avance dans sa vie de Jimmy… Jusqu’aux derniers chapitres où le passé rejoint le présent, et où la lumière est totalement faites sur les origines et les conséquences de la catastrophe. Ce qui permet de garder une certaine tension tout au long du récit : on aperçoit des éléments de réponses au fur et à mesure, mais on a envie d’avoir la révélation. (Je vous rappelle que je connaissais déjà l’histoire, et pourtant je m’y suis laissée reprendre !).

Les personnages sont vraiment très touchants, dans leur solitude, dans leurs névroses, dans leur envie de mieux faire… C’est l’une des grandes forces du récit, on s’attache immédiatement à tous les personnages.

L’auteur indique dans une interview que les différentes idées d’invention lui sont venues en lisant la presse scientifique.

D’ailleurs, le roman n’est pas vraiment une histoire post-apocalyptique comme on peut s’y attendre, c’est surtout l’occasion de faire réfléchir autour de la science, de l’éthique, de la répartition des pouvoirs. Cela pourrait reprendre la parabole de la grenouille dans le chaudron, qui ne se rend compte que ça commence à sentir le roussi quand c’est trop tard.

C’était un coup de cœur lors de ma première lecture, ça reste un coup de cœur lors de la seconde. Le premier tome se suffit à lui-même, mais une fois que vous l’aurez lu, vous aurez envie d’enchaîner avec la suite ;)

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