mercredi 13 janvier 2016

L'ombre animale - Makenzy Orcel



Résumé 

Il y a Toi, bonne à tout subir et à tout faire, Makenzy, en père pire que maudit, Orcel, le frère mutique posté devant la mer, l’Envoyé de Dieu et ses bacchanales infernales, et puis les loups qui rôdent en mauvais anges expropriateurs…
Et il y a la voix, une voix de femme qui monte du fond de l’abîme ou du tréfonds du ventre. Elle s’incarne, libre, puissante, en récitante héroïque de sa vie de rien, celle d’avant la mort, avant que les siens ne l’abandonnent dans ce village perdu – « je suis le rare cadavre ici qui n’ait pas été tué par un coup de magie, un coup de machette dans la nuque ou une expédition vaudou, il n’y aura pas d’enquête, de prestidigitation policière, de suspense à couper le souffle comme dans les films et les romans – et je te le dis tout de suite, ce n’est pas une histoire –, je suis morte de ma belle mort, c’était l’heure de m’en aller, c’est tout »
Un roman tout entier porté par le souffle d’un verbe incandescent.

Zulma éditions LITTÉRATURE DE LANGUE FRANÇAISE – HAÏTI

Mon avis

J'avais adoré le roman Immortelles de Makenzy Orcel, le genre de bouquin qui laisse une trace longtemps dans la mémoire. J'avais apprécié sa poésie, sa concision, toutes les émotions qu'il avait sur déclencher en moi en si peu de page.

L'ombre animale, c'est tout le contraire ! C'est un bouquin épais, une écriture touffue, et ce n'est pas un euphémisme, je crois que la première phrase fait quelque chose comme 4 pages. C'est un monologue, celui d'une femme qui raconte sa vie à travers la vie de sa famille. Elle la raconte sans reprendre son souffle : c'est la première fois de sa vie qu'elle a réellement le droit à la parole, elle n'a aucune raison de la rendre.

C'est un roman indescriptible, le genre qu'il ne faut pas chercher à comprendre. Si l'on essaye de comprendre le but de l'auteur, où veut en venir l'intrigue et d'ailleurs y a-t-il réellement une intrigue, c'est impossible d'arriver au bout. J'ai lutter 40 pages à me demander ce que je faisais là, et puis j'ai lâché prise, et j'ai décidé de me laisser porter, guidée par la voix de la narratrice. Et j'ai avalé les 352 pages en deux sessions de lecture.

J'adore Makenzy Orcel pour sa capacité à me surprendre, à sortir des chemins tous tracés de la littérature contemporaine. Il y a quelque chose de très organique dans cette écriture / lecture, un lien très intime entre le lecteur, les personnages et l'auteur, quelque chose qui dépasse la simple histoire. C'est une expérience qui dépasse le seul intellect, qui cherche au plus profond. Et j'en redemande.


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