mercredi 10 février 2016

U4 : Jules / Carole Trébor & Stéphane / Vincent Villeminot ... et mon avis sur la quadrilogie!


Résumé 

Koridwen, Jules, Stéphane, Yannis ont entre 15 et 18 ans. Ils ont survécu au virus U4, qui a décimé 90% de la population mondiale. Ils ne se connaissent pas, mais ils se rendent pourtant au même rendez-vous.

 Stéphane vit à Lyon avec son père, un éminent épidémiologiste. Si des adultes ont survécu, son père en fait partie, elle en est convaincue. Alors elle refuse de rejoindre le R-Point, ce lieu où des ados commencent à s'organiser pour survivre. Elle préfère attendre seule, chez elle, que son père vienne la chercher. Et s'il ne le fait pas ? Et si les pillards qui contrôlent déjà le quartier débarquent avant lui ? Tout espoir s'écroulera, à l'exception d'un seul : un rendez-vous fixé à Paris...

Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n'a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l'épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu'il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu'il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l'extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu'il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu'il décide de prendre sous son aile. Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.


Mon avis sur Jules et Stéphane :


Je vous laisse retrouver mon avis sur Yannis et Koridwen ici, si ça vous intéresse.

 Jules est mon personnage préféré, avec Koridwen. Je trouve que c'est le personnage le plus subtile, le plus profond de la série. En me plongeant dans ce tome, j'ai eu le sentiment de voir grandir un adolescent en retrait, de le voir se transformer en un jeune homme courageux. Un jeune homme qui n'a pas pour but ultime de survivre, mais de construire et de vivre. 
Il est rare en littérature, qui plus est en littérature ados de rencontrer un personnage masculin comme celui-ci : c'est la fin du monde, c'est un garçon courageux, sensible, enclin à l'introspection mais surtout altruiste. Son courage et sa volonté ne tiennent pas uniquement à sauver sa peau, montrer qu'il en a une plus grosse que le guerrier d'en face, non, cela tient à son envie de protéger les autres, de sauver un modèle de société. Il n'est pas prédestiné à cela, timide, rondouillard, plus courageux dans WoT qu'IRL, il se révèlera finalement dans l'adversité... mais pas dans la violence. Un personnage touchant et complexe, qui mérite vraiment le détour.


Stéphane quant à elle, est un personnage que j'ai cordialement détesté dans les trois autres tomes, madame je sais tout et cheftaine en chef, je lui aurais bien mis une paire de claque. Ouaip, je suis comme ça, je m'en prends à des personnages de papier sans défense. Même si ce n'est pas mon personnage préféré, j'ai appris à la connaître dans le tome qui lui ai dédié et à la comprendre. Cette petite teigne sauvageonne n'est finalement qu'une ados qui a besoin de se croire au-dessus du reste du monde pour survivre, dans l'espoir de retrouver son père. C'est la seule qui n'est pas orpheline, qui n'a pas vu mourir sa famille... mais c'est aussi là seule, qui attend vainement son père pendant des semaines. Stéphane est une fille forte, son père est médecin épidémiologiste, il lui a enseigné plein de choses utiles pour survivre : d'ailleurs, elle s'en sort très bien toute seule. C'est pour ça que son père a préféré sauver l'humanité entière plutôt que de s'occuper d'elle. Elle se doit donc de le rejoindre.
Cette rage, cette méchanceté parfois, vient de cette simple faiblesse d'enfant : on peut être rationnelle au possible, comment accepter l'abandon?
Stéphane est un personnage qui n'aurait aucune saveur sans les gens qui gravitent autour d'elle, Marco, Alex, Yannis, ce sont les révélateurs de sa vraie personnalité, de ses vraies failles et aspirations. Un personnage plus profond qu'il n'y parait dans les autres tomes, pour autant, un personnage qui me touche moins que les autres, car il peine à exister par lui-même.


Mon avis sur la série:


Vraiment, je n'attendais rien de cette série ayant été servie par une campagne marketing tellement présente que j'ai frôlé l'overdose avant même d'avoir eu les livres entre les mains.
J'ai totalement accroché. Pour moi le concept fonctionne très bien, malgré quelques petits défauts.

Les moins :
- le style inégal d'un auteur à l'autre.
- ... les fins très ouvertes, moi je veux un tome final pour expliquer ce qu'ils sont tous devenus!

Les plus:
- Pas de stéréotypes de genre : c'est un réel bonheur de rencontrer une série avec des personnages aussi variés et qui ne s'enlisent pas dans les clichés. Les filles sont des personnages très forts, bien plus violents et leader que les garçons... Parce qu'à la mort imminente se greffent le risque de viol, de soumission à une autorité notamment.
Les garçons ne sont pas d'office des chefs d'équipe, des guerriers en puissance. Ils ne rejettent pas l'aide des filles par orgueil. Ils font preuve de sensibilité et de retenue. Chacun a ses raisons, son caractère, qui n'est pas déterminé par les stéréotypes de genre mais par leur histoire.
En plus, la parité des auteurs est respectée. Une réussite selon moi!
- c'est quand même un sacré challenge de raconter quatre fois la même histoire sans ennuyer le lecteur!
- Il n'y a pas de clichés sur les jeux vidéo.
- Les ados sont de vrais ados : insupportables, capables du meilleur comme du pire, à la fois gamin et mature, à la fois pudiques et plein d'envies...bref, ce n'est pas édulcoré.

mardi 9 février 2016

Le congrès - Ari Folman

Résumé :

Quand une femme est une mère et une actrice célèbre, quand son fils est malade, que sa beauté se fane, dans un monde qui peut la scanner et la garder jeune pour toujours, quels sont ses choix ? Robin Wright (qui joue Robin Wright), se voit proposer par la Miramount d’être scannée.Son alias pourra ainsi être librement exploité dans tous les films que la major compagnie hollywoodienne décidera de tourner, même les plus commerciaux, ceux qu’elle avait jusque-là refusés. Pendant 20 ans, elle doit disparaître et reviendra comme invitée d’honneur du Congrès Miramount-Nagasaki dans un monde transformé et aux apparences fantastiques…D'après le roman de Stanislas Lem.

Mon avis :


Je vous livre mon avis, mais honnêtement, je ne sais pas ce que je pense exactement de ce film. Au niveau de la réalisation, je trouve les images magnifiques, tant pour la partie filmée que pour la partie animée. La lumière est vraiment envoûtante, quant à l'animation, elle donne l'impression d'avoir consommé la même drogue que les personnages.

L'histoire en elle-même est assez complexe. Robin Wright accepte d'être totalement scannée par la Miramount, ce qui implique qu'elle doit disparaître du radar médiatique et artistique pendant 20 ans, pendant lesquels la major pourra utiliser son double numérique pour tous les films. Le film commence par une horrible réunion avec son manager qui lui explique en gros qu'elle est finit et qu'elle n'a pas trop le choix: il faudra qu'elle accepte le prochain contrat si elle ne veut pas finir à la rue. On découvre ensuite sa vie de famille et fait connaissance avec elle et ses enfants. Puis on lui présente le formidable projet : tu seras numérisée brave fille, et on tournera tout ce qu'on veut avec ton image.

Elipse de 20 ans, Robin Wright la vraie, se rend au Congrès de Futurologie de la miramount, on lui file une pilule magique et là, bam, tout devient un dessin animé... et le vrai but de la compagnie apparait. Et la structure du film se complique : la notion de temps disparait peu à peu, on va de rêve en mise en abime... Je ne vous parle pas de la suite, car c'est tellement étrange que je pense qu'on peut tous à voir une interprétation différente.

D'ailleurs, j'ai eu l'impression qu'Ari Folman lui-même n'a pas su quel propos tenir. Au départ, j'ai eu le sentiment que le film était à propos de l'image et de sa perception, de sa valeur, pas tant au niveau du cinéma mais aussi au niveau de la société (est-ce qu'avec le numérique, les nouvelles technologies, je suis prêt à renoncer à mes droits sur mon image)... Puis plus le film avance, plus on s'en éloigne... le film parle-t-il des dérives des progrès technologiques et de leur utilisation à des fins mercantiles / de divertissements au détriment de "vrais problèmes"? Le film essayent-ils de dénoncer notre tendance à vouloir se planquer dans une réalité virtuelle? Tout ça à la fois?

Je suis donc perplexe, j'ai apprécié le visionnage du film, vraiment, c'est beau, c'est intrigant, mais c'est aussi frustrant d'avoir perpétuellement l'impression de passer à côté du message. Et de ne pas comprendre ce qu'on essaye de nous dire.  Un film à voir ne serait-ce que pour son originalité : il est rare que les réalisateurs se lancent dans ce type d'expérimentation quand il est si simple de faire 4 films avec une trilogie de bouquin moyenne. 

lundi 8 février 2016

Le fantôme du roi - David Gemmell

 

Résumé :

La terreur et le chaos frappent le royaume. Le roi a été assassiné par des traîtres et l’Épée de pouvoir a disparu par-delà le Cercle des Brumes. Les armées d’invasion se fraient un chemin sanglant à travers le pays, guidées par la Reine Sorcière et un terrible seigneur mort-vivant.
Le seul espoir repose sur le jeune Thuro. Le sang des rois coule dans ses veines. Son destin lui commande de rassembler une armée fantomatique pour défaire les sbires monstrueux de la Reine Sorcière. Et le seul homme capable de l’y préparer n’est autre que Culain, le guerrier de la montagne, car lui seul connaît le terrible secret de la Reine Sorcière...

Mon avis :

Bon... j'aime David Gemmell de tout mon coeur. Je le trouve capable de faire surgir des sentiments très forts dans des intrigues simples, d'avoir des personnages certes stéréotypés mais touchants... Bref, Gemell est un de mes auteurs préférés. Sur ce coup là pourtant, je ne lui tire pas mon chapeau...

Honnêtement, le Fantôme du roi est loin d'être son meilleur ouvrage. J'ai trouvé l'histoire moyenne :
les cercles qui mènent d'un monde à l'autre, les références à l'épopée Arthurienne, la magie des Pierre de Sang, les personnages...
Rien de tout ça ne m'a réellement emballée : j'ai déjà lu tout ça chez l'auteur.

L'intrigue est tellement linéaire qu'on pourrait faire la liste des survivants dès les premiers chapitres.
Les personnages sont creux, prévisibles à outrance. Et Laitha, personnage féminin ma foi sympathique au départ, indépendante et farouche, se transforme en bien épouse soumise en un coup de rein : merveilleux.
 J'aimais plutôt bien le personnage de Culain mais il n'est finalement que survolé.
Quant à la légende du Roi Arthur, je n'ai pas trop accroché, sûrement d'une part car je ne l'ai plus bien en tête (c'est dans ma liste des oeuvres à approfondir cette année) et d'autre part car j'ai le sentiment que l'auteur a juste pioché ce qu'il intéressait sans se soucier d'une quelconque cohérence, mélangeant allègrement plusieurs mythologies sans que ça n'apporte rien à l'histoire.

EN résumé, c'est du Gemmell, ça se lit vite, c'est rythmé, c'est agréable, mais il fera malheureusement partie des livres oubliés aussitôt lus.