mardi 9 février 2016

Le congrès - Ari Folman

Résumé :

Quand une femme est une mère et une actrice célèbre, quand son fils est malade, que sa beauté se fane, dans un monde qui peut la scanner et la garder jeune pour toujours, quels sont ses choix ? Robin Wright (qui joue Robin Wright), se voit proposer par la Miramount d’être scannée.Son alias pourra ainsi être librement exploité dans tous les films que la major compagnie hollywoodienne décidera de tourner, même les plus commerciaux, ceux qu’elle avait jusque-là refusés. Pendant 20 ans, elle doit disparaître et reviendra comme invitée d’honneur du Congrès Miramount-Nagasaki dans un monde transformé et aux apparences fantastiques…D'après le roman de Stanislas Lem.

Mon avis :


Je vous livre mon avis, mais honnêtement, je ne sais pas ce que je pense exactement de ce film. Au niveau de la réalisation, je trouve les images magnifiques, tant pour la partie filmée que pour la partie animée. La lumière est vraiment envoûtante, quant à l'animation, elle donne l'impression d'avoir consommé la même drogue que les personnages.

L'histoire en elle-même est assez complexe. Robin Wright accepte d'être totalement scannée par la Miramount, ce qui implique qu'elle doit disparaître du radar médiatique et artistique pendant 20 ans, pendant lesquels la major pourra utiliser son double numérique pour tous les films. Le film commence par une horrible réunion avec son manager qui lui explique en gros qu'elle est finit et qu'elle n'a pas trop le choix: il faudra qu'elle accepte le prochain contrat si elle ne veut pas finir à la rue. On découvre ensuite sa vie de famille et fait connaissance avec elle et ses enfants. Puis on lui présente le formidable projet : tu seras numérisée brave fille, et on tournera tout ce qu'on veut avec ton image.

Elipse de 20 ans, Robin Wright la vraie, se rend au Congrès de Futurologie de la miramount, on lui file une pilule magique et là, bam, tout devient un dessin animé... et le vrai but de la compagnie apparait. Et la structure du film se complique : la notion de temps disparait peu à peu, on va de rêve en mise en abime... Je ne vous parle pas de la suite, car c'est tellement étrange que je pense qu'on peut tous à voir une interprétation différente.

D'ailleurs, j'ai eu l'impression qu'Ari Folman lui-même n'a pas su quel propos tenir. Au départ, j'ai eu le sentiment que le film était à propos de l'image et de sa perception, de sa valeur, pas tant au niveau du cinéma mais aussi au niveau de la société (est-ce qu'avec le numérique, les nouvelles technologies, je suis prêt à renoncer à mes droits sur mon image)... Puis plus le film avance, plus on s'en éloigne... le film parle-t-il des dérives des progrès technologiques et de leur utilisation à des fins mercantiles / de divertissements au détriment de "vrais problèmes"? Le film essayent-ils de dénoncer notre tendance à vouloir se planquer dans une réalité virtuelle? Tout ça à la fois?

Je suis donc perplexe, j'ai apprécié le visionnage du film, vraiment, c'est beau, c'est intrigant, mais c'est aussi frustrant d'avoir perpétuellement l'impression de passer à côté du message. Et de ne pas comprendre ce qu'on essaye de nous dire.  Un film à voir ne serait-ce que pour son originalité : il est rare que les réalisateurs se lancent dans ce type d'expérimentation quand il est si simple de faire 4 films avec une trilogie de bouquin moyenne. 

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