mardi 24 mai 2016

5 blogs que j'aime beaucoup


J'ai lu beaucoup de livres ces derniers temps, mais je ne suis pas inspirée pour les chroniquer. Je préfère vous présenter quelques blogs que j'adore à la place. Classement par ordre alphabétique #bibliothécaire.

1.    CX Break et Dinosaures

Après les excellents ma vie rock'n'roll et rock à la cambrousse, Eve réitère avec CX Break et dinosaure. Des virées délirantes en Allemagne, pays de la culotte kitsch à 1€, des chroniques de bouquins géniaux, des histoires de famille nombreuse avec des vrais morceaux d'enfants dedans, c'est LE blog que j'adore lire quand j'ai envie de me changer les idées. C'est drôle, impertinent, poétique et complètement fou. Et en plus, il y a des animaux mignons.
https://www.instagram.com/evelynedahlia/


2.    L'ours inculte

La culture dans ta gueule, si ça ce n'est pas un slogan qui tue, je ne sais pas ce qu'il vous faut. J'aime beaucoup la manière dont il rédige ses chroniques, il a du style, de la réflexion et il y va avec franchise. J'ai fait de très chouettes découvertes sur son blog, qui parle aussi bien de littérature (essentiellement SFFF), que de BD ou de jeux. Je ne manque jamais un article. Au grand damne de ma PàL.

3.    Recette d'une chinoise


Si la rubrique cuisine de mon blog reste désespérément vide parce que j'ai souvent la flemme et pas du tout de talent pour les photos culinaires, je reste une grosse morfale gourmande. Un de mes blogs cultes est celui de Margot Zhang, qui réussit à travers ses recettes à me faire revivre mes premières amours culinaires chinoises. Il n'y a que sur ce site que je trouve des recettes qui ont la saveur authentique de la cuisine familiale chinoise telle que j'ai pu en manger sur place.



4.    Summit Day

Découvert très récemment, ce blog est spécialisé dans l'alpinisme. Bon ok, c'est "un peu" spécialisé, mais c'est très intéressant. Il y a une super liste d'œuvres à lire ou voir sur le sujet, des explications sur les grandes figures et les évènements marquants. C'est raconté de façon simple, on apprend plein de choses sans jamais s'ennuyer.




5.    Un monde de jeux

Un blog de Martin Vidberg, qui présente en BD des jeux de sociétés. C'est vraiment très très bien fait, il y a des petites BD qui expliquent le déroulement des parties, toutes les infos utiles avant de se décider pour l'achat d'un jeu : quel public, quel âge, quelle durée etc. C'est synthétique mais ce n'est pas un simple survol, c'est vraiment une bonne source d'inspiration !



mercredi 18 mai 2016

La Passe-miroir - Livre 1 : Les Fiancés de l'Hiver / Christelle Dabos

Résumé :

La Passe-miroir est une série littéraire qui mélange Fantasy et Belle Époque. L'histoire gravite autour d'une petite liseuse, Ophélie, fiancée contre son gré à Thorn alors que tout semble les opposer. Vous trouverez aussi dans mes romans des objets capricieux, des illusions d'optique, des mondes flottants, des luttes de pouvoir et des énigmes à tiroirs.

Laurent Gapaillard

La Passe-miroir - Livre 1 : Les Fiancés de l'Hiver

« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.
Lauréat du concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard jeunesse, RTL et Télérama. »

Mon avis :  

J’ai découvert ce livre grâce à mon amie Laura qui m’a vanté l’originalité du récit : je la remercie car sans ses encouragements je n’aurais jamais ouvert ce livre et s’eut été dommage de s’en priver. 

J’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire au départ, je ne saurais pas expliquer pourquoi. Peut-être parce qu’on rentre dans le vif du sujet avant d’avoir eu le temps de faire connaissance avec les personnages ?

Qu’importe, en quelques chapitres, j’ai été happée par le roman. Christelle Dabos parvient à créer un univers particulièrement envoutant: ouateux et acéré.  L’ambiance me rappelle à la croisée des mondes, pour son aspect à la foi naïf et enfantin tout en étant dur et froid. Sans jamais tomber dans la description didactique, l’auteur parvient à brosser un univers riche, elle le dévoile avec maîtrise, éveillant notre curiosité, distillant l’essentiel sans jamais nous submerger d’informations. 

Dans cet univers, les objets s’animent  (je rêve d’avoir une écharpe domestique ou une maison qui réagit à mon humeur), les différentes Familles ont des pouvoirs plus ou moins curieux et rares : celui de créer des illusions, de réparer le papier du bout des doigts ou de lire les objets…

Et aux milieux de tout ça, les personnages évoluent. Et quelle galerie… Il n’y a pas un personnage qui me déplaise. Ophélie est attachante, c’est une jeune fille rêveuse et réservée, avec une volonté de fer. Si son extrême maladresse (un accident de miroir, je demanderais à mes parents si à tout hasard la mienne ne viendrait pas de là aussi !) lui vaut de nombreuses moqueries, elle reste l’une des liseuses les plus respectées de sa famille… Une famille où les femmes sont aux centres de tout, et ne manquent pas de caractère, qu’elles aient raison ou tort elles ne s’en laissent pas compter.
Et Thorn… ahlala, je me suis prise à le haïr et à l’adorer d’un chapitre à l’autre. Il exerce une fascination toute particulière sur moi. Et je n’évoque pas Archibald, Berenilde, la mécano et la grand-mère… Je vous laisse le plaisir de les découvrir. Mais c’est agréable de voir un roman où l’auteur crée des personnages qu’il fait vivre, à qui il donne corps sans jamais les utiliser comme meuble. 

Quant à l’intrigue, mariage arrangé, machination, conflits d’intérêt : bienvenue dans la cour des grands, il est l’heure d’apprendre à nager parmi les requins. 

J’ai très hâte de commencer le tome 2, voici un roman ados qui a toutes les qualités : une écriture soignée, un univers original, des personnages attachants.

lundi 16 mai 2016

Tag : PkJ et les personnages de roman

Petit tag piqué chez Nyx Shadow en attendant une prochaine chronique

1) Un personnage qui vous aiderait à survivre à l'apocalypse. 



Jimmy/Snowman de Maddaddam, parce qu'il a déjà survécu à l'apocalypse une fois. Et ensuite parce que je le trouve touchant et humain, même en situation de crise. Et dans un monde dévasté, j'imagine aussi que ce serait agréable d'avoir un compagnon de voyage qui ne cherche pas toujours le conflit, il vient bien assez vite à nous.

2) Un personnage avec qui vous souhaiteriez vous retrouver sur une île déserte.

Aragorn, dans le seigneur des anneaux. On a toujours besoin d'un mec capable de pister n'importe qui avec des brins d'herbe. Et puis, il parle plein de langues. Et il connait plein d'histoires. Et il est guérisseur. Et je l'aime beaucoup.

MattRhodes on deviantART

3) Un personnage qui serait votre meilleur ami pour affronter le lycée.

Georgia Nicolson et sa bande. S'eut trop été la marrade.

4) Un personnage qui serait votre pire ennemi au lycée.

Amy dans les apparences de Gillian Flynn.

5) Un personnage qui serait votre allié dans les Hunger Games (mais à la fin, il n'y a bien qu'un vainqueur...enfin...vous savez...).

Arya Stark. Elle a des compétences en survie, en combat, en chasse et en infiltration.  Mais comme c'est un chat sauvage qui ne joue pas en équipe sauf si ça survie en dépend, on comprendrait toutes deux l'enjeux final.
Arya by KaylaWoodside

6) Trois personnages avec qui vous partiriez en vacances (tous ensemble).

Bibi Chen, Nathalie et Tintin. Bibi Chen car elle est très érudite et observatrice, Nathalie car comme elle, je rêve toujours de voyager et Tintin car j'adorais lire ses aventures partout dans le monde.

7) Une famille qui serait votre famille d'adoption.

La famille Malaussène !

8) Un personnage avec qui vous feriez du shopping.

 Avec Selina Kyle, bon d'accord elle a tendance à faucher plutôt qu'à acheter, mais elle est trop stylée.


9) Un personnage à qui vous laisseriez choisir la musique dans la voiture.

Alors là, j'avoue que je sèche sur cette question. Allez, je dirais Solo Aggrigente d'Ulan Bator par Richard Tabbi, ça ne doit pas manquer de piment!

10) Un personnage qui vous prêterait ses livres.

Morwenna de ... ben Morwenna par Jo Walton :D C'est déjà un peu comme si elle me les prêter finalement, puisque  j'ai sa gigantesque liste de livres à lire quelque part sur mon ordi pour les jours où je manque d'idées de lecture.

11) Un personnage qui vous initierait au combat.

Nils du Puits de mémoire. Et il m'apprendrait aussi à ne pas être frileuse. (ou il me réchaufferait? Comment ça il n'y a aucun rapport avec la question?)

12) Un personnage qui vous cuisinerait un bon petit plat.

Sam Gamegie? Je suis sûre qu'il ferait un bon festin!
Samwise Gamgee by MatteoLolli

13) Un personnage avec qui vous échangeriez votre vie pour 24h.

C'est une question super difficile ça. Je ne lis pas trop trop de livres où les personnages ont une vie enviable. Bon, j'aimerais bien chevalier-dragon sur Pern :)

14) Un personnage avec qui vous accepteriez un rendez-vous galant.

Ouch, un seul???. Bon aller, Waylander qui fut mon premier gros coup de coeur.

15) Un personnage qui vous aiderait à réviser vos cours pour un examen.

_mhiraishi illustration of Hermione hard at work on her studies
Qui d'autre qu'Hermione Granger?

dimanche 15 mai 2016

Noyade interdite / Amy Tan


Résumé :

Pour Bibi Chen, ce devait être le nec plus ultra du voyage culturel : un périple sur la célèbre route de Birmanie. Hélas, elle meurt peu avant le départ et ne peut qu’observer de l’au-delà les tribulations de ses amis, qui vont se retrouver prisonniers d’une tribu indigène au fin fond de la jungle...

Mon avis :

Amy Tan est surtout connue pour son roman les fantômes de LuLing, elle est très importante pour la communauté Sino-américaine. C’est la fille de deux immigrants chinois aux Etats Unis qui a une histoire familiale assez compliquée. Elle s’inspire beaucoup de cet héritage dans ses romans, qui évoquent souvent la quête des origines ou les relations mères-filles. 
Ce n’est pas le sujet principal de ce roman mais on retrouve tout de même quelques-uns de ces éléments. J’ai découvert cette auteur grâce à un cours de littérature anglophone il y a quelques années, et je n’ai jamais été déçue par les ouvrages que j’ai pioché dans cette bibliographie. Pour une passionnée d’Asie (et plus particulièrement par la Chine), ces ouvrages sont précieux.

Bibi Chen est une amatrice d’art et détient une galerie. Elle a de nombreux amis, et  elle a organisé pour certains d’entre eux un voyage de la Chine à la Birmanie. Un merveilleux voyage comme on en rêve tous : culture, gastronomie, découverte et authenticité ont la part belle. Pas de chance, elle décède d’un mystérieux accident quelques jours avant le voyage. C’est de sa place de morte qu’elle observe les aventures de son groupe d’ami….
Sa place dans les nuages est l’occasion pour Bibi d’analyser les relations entre les différents protagonistes, leurs aspirations profondes et les petits arrangements de chacun. Relation de couple, relation parent/enfant, égo surdimensionné… tout y passe avec beaucoup d’humour. Mais plus qu’un portrait du genre humain, c’est également une observation des sociétés américaines, chinoises ou birmanes, et des idées préconçues que tous les touristes ont sur le pays qu’ils visitent, et que les autochtones ont sur les touristes. C’est vraiment très drôle, un peu moqueur mais aussi très documenté, notamment sur la situation politique et sociale des pays, si bien que le roman a une vraie pronfondeur.
 C’est un livre délicieux, pour les amoureux du voyage et des mots. J’ai hâte de livres d’autres ouvrages de l’auteur.

mardi 10 mai 2016

Mardi, c'est poésie ! #15 Jack Kerouac

Quelques haïkaïs occidentaux 

Coup de pied raté
sur la porte du frigo
Fermé quand même.

 * * *

Hé écoute public de la poésie
Si tu ne la fermes pas
Et n'écoute pas la peuêsie,
Ben ... on va mettre un type à l'entrée
Pour arrêter tous ceux qui détestent la peuêsie
A tout jamais

Et si tu n'aimes pas le sujet
Du poème que peuête
Lit, idem, essaye
Marlon Brando
Qui t'ouvrira les yeux
Avec son cri

James Dean est mort ?  -
     Et nous, donc
     Qui n'est pas mort -

John Barrymore est mort

Puis San Francisco est mort
- San Francisco bêle
   au brouillard

1956 ?

***
4

Et
Le goût des vers
Est doux & salé
Comme la mer
Ou les larmes

1961


***

A Edward Dahlberg

Ne vous servez pas du téléphone.
Les gens ne sont jamais prêts à répondre.
Servez-vous de la poésie.

1970

***
J' ai
      clairement
                       vu
                           le squelette par-dessous
tout
       cet
            étalage
                       de personnalité
que
      reste
             -t-il
                   d'un homme et de tout son orgueil
sinon des os?
et tous ses snacks des nuits perdues
   et les baignoires d'alcool
      qu'il s'enfile dans le gosier
                          ... des os - Il broie du noir
                                     dans la tombe, 
                                                            traits du visage
                                             transformé par les vers
                                                               *
                                                                   *
                                                                       *
                                                                          *
                       de lui
                                on n'endend
                                                  plus parler 


***

Extraits de Jack Kerouac : Poèmes aux éditions Seghers, traduction de Philippe  Mikriammos

lundi 9 mai 2016

Dragon / Thomas Day

Résumé


Bangkok. Demain.
Le régime politique vient de changer.
Le dérèglement climatique global a enfanté une mousson qui n’en finit plus.
Dans la mégapole thaïlandaise pour partie inondée, un assassin implacable s’attaque à la facette la plus sordide du tourisme sexuel. Pour le lieutenant Tannhäuser Ruedpokanon, chargé de mettre fin aux agissements de ce qui semble bien être un tueur en série, la chasse à l’homme peut commencer. Mais celui que la presse appelle Dragon, en référence à la carte de visite qu’il laisse sur chacune de ses victimes, est-il seulement un homme ?







Mon avis



Thomas Day est un auteur que je ne connaissais que de nom. J'avais bien tenté de lire l'automate de Nuremberg mais le livre m'est tombé des mains. Women in chains me tentait bien mais un peu refroidie par cette première expérience j'ai laissé tombé. Et cela aurait pu continuer ainsi si je n'avais pas lu la chronique de l'ours inculte qui a éveillé mon intérêt et a su me faire passer outre mes réticences. 

Ce n'était peut-être pas le moment idéal pour le lire, après le très sombre Indian Killer, Dragon n'est pas exactement une lecture joyeuse. C'est plutôt une grande claque derrière la tête, qui fait vibrer votre corps de la tête au pied.

Il est difficile de résumé un tel livre, déjà parce qu'il est court et que je ne voudrais pas risquer de trop en dévoiler l'intrigue, et ensuite parce qu'il est très puissant.

Thomas Day est parvenu selon moi à trouver le style cru et réaliste qui convient à son sujet (la prostitution infantile et le tourisme sexuel),  sans jamais tomber dans le voyeurisme et le gore à outrance. Pour autant, l'ambiance est glauque, malsaine, on ne peut pas se sentir à l'aise dans un tel milieu, dans de telles circonstances. On apprécie les quelques traces d'humour pour respirer entre deux coups de poings.

La construction du récit n'est pas chronologique, l'histoire est morcelée, il faudra arriver au bout du roman pour voir la manière dont l'araignée a étendu sa toile. Ce morcellement m'a fait l'effet d'une reconstitution, un peu comme lorsque ayant assister à un évènement  qui nous met mal à l'aise, notre cerveau occulte l'information, et plus tard on y revient, reconstituons la scène et prenons conscience de l'ampleur de ce dont on vient d'être témoin.

J'ai particulièrement apprécié que l'auteur prenne un point de vue d'autochtone et non pas de touriste. Qu'il choisisse des personnages qui vivent à Bangkok, qui sont nés dans le pays, qui font partie du système et qui le jugent de l'intérieur. On échappe vraiment à ce que je craignais, un récit où un aventurier sauveur vient apprendre la vie à ces pauvres gens du bout du monde qui ne savent pas régler leurs problèmes trop aveugles qu'ils sont et redorer l'image de ces touristes bas de gamme.  On sent que Thomas Day s'est documenté à ce sujet, a observé, a vécu cette ambiance. Ce n'est pas un récit de seconde main, c'est un récit de première rage que l'on a laissé mûrir et qu'on a transcendé en une œuvre littéraire aboutie. 

Ce roman et cette rage me touchent d'autant plus que je voyage régulièrement en Asie, et que je suis confrontée à des questions d'éthiques. Le travail des enfants, sans parler de la prostitution, est présent partout et fortement encouragée par la simple présence de touriste comme moi. J'en parle notamment dans cet article, où j'évoque le fait qu'au Vietnam, j'ai fini par accepter l'aide d'une gamine pendant une randonnée : parce que le guide nous a encouragé à le faire car "seul, c'est de toute façon très difficile", parce qu'il n'y a pas l'alternative de demander de l'aide à un adulte.  ça a vraiment marqué mon voyage et je regrette encore d'avoir cédé. On n'est jamais hors du système. J'aimerai beaucoup visiter la Thaïlande, qui a l'air d'être un pays magnifique. Pourtant, sa réputation destination phare du tourisme sexuelle me retient, je ne suis pas sûre d'être prête à faire face à cet aspect du pays. 

Mais une chose est sûre, je suis maintenant prête à me lancer dans d'autres ouvrages de l'auteur.

Ce roman est glauque, difficile, il donne vraiment envie d'être réincarné en autre chose qu'un humain,  mais il touche une certaine forme de perfection, il n'y a rien à changer. C'est lui qui vous change.

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Petit aparté  : ce livre est paru dans la nouvelle collection "une heure de lumière" au Bélial, je trouve le format vraiment convainquant, une sorte de semi-poche avec des romans courts. Je pense me laisser tenter par d'autres romans.
Pour ce qui est du genre du livre, malgré sa parution au Bélial, cela reste pour moi essentiellement du Thriller, on peut se cacher derrière un peu de future ou de fantastique, mais cela reste très très terre à terre. Aussi, je ne le classe pas dans littérature de l'imaginaire.

dimanche 8 mai 2016

Indian Killer - Sherman Alexie

Résumé :


À Seattle, un assassin tue des Blancs, les scalpe et dépose deux plumes de hibou sur leur corps : terreur sur la ville, tourmente parmi la communauté indienne que ces crimes désignent à la vindicte générale. Ainsi naît la légende du « tueur indien », justicier pour les uns, psychopathe pour les autres… Voici enfin réédité le roman phare de l’enfant terrible des lettres américaines.

Mon avis : 

 J'aime beaucoup Sherman Alexie, auteur amérindien, il a un style incisif, très dynamique qui m'embarque aux premières pages. J'ai adoré ces romans flight, et, le premier qui pleure a perdu. Il sait écrire des histoires particulièrement difficiles, tout en laissant un sentiment d'espoir. Je me suis donc lancée sans hésitation dans cet autre roman.

Nous suivons des instants de la vie de John Smith, un indien "sans tribu" car il a été adopté par une famille blanche. Nous suivons également celle de Marie, étudiante en lettre : elle vient de la tribu Spokane, elle est brillante, et elle veut montrer la richesse de la culture amérindienne à travers ses yeux d'indiennes et non pas à travers les fantasmes des chercheurs blancs. Il y a Reggie, son cousin, et ses amis, vivants de petits boulots et traînant à droite à gauche. 

Ils croiseront le chemin d'un enseignant-chercheur, s'inventant des origines indiennes pour être plus proche de son objet de fascination, tout comme cet ex-flic devenu auteur, célèbre pour ses origines indiennes (à la véracité plus que douteuse) et son personnage de privé amérindien. Tout deux adulés par le grand public, ils vont se heurter à la réalité de la communauté indienne qui n'apprécie pas qu'on lui confisque la parole sous couvert d'expertise.

D'autres personnages feront leur apparition, un groupe de jeunes étudiants blancs prêts à en découdre, des amérindiens SDF, et un animateur radio raciste et influent.

On prend ces ingrédients, on les mélange avec un serial killer scalpant des hommes blancs représentant le pouvoir et la domination et on obtient un cocktail amer.  Nous sommes face à la violence à chaque page. Qu'elle soit physique ou psychologique, elle est là à chaque instant : dans les paroles des personnages, dans la société qui les entoure. C'est un roman qui fait vraiment réfléchir aux questions d'intégration et d'appropriation culturelle.

Il est douloureux de constater à quel point tous les personnages semblent en quête d'une identité, d'une place dans la société. Comme si le vivre ensemble était finalement un concept inapplicable à la réalité, au quotidien tangible. Dans une société aussi sombre et difficile, il apparaît nécessaire de faire appel à la violence pour exorciser la frustration, pour faire sa place, pour justifier son existence, quitte à écraser l'Autre.

Ce roman est désagréable à lire, il n'est jamais facile d'être mis en face des manquements de notre société et des faiblesses de l'individu. Mais c'est aussi une lecture nécessaire, sans concessions, où aucun personnage n'a le beau rôle, où chacun expose sa part d'ombre. Ce n'est pas le genre de livre qui donne foi en l'humanité, il n'y a pas de petite note d'espoir. A défaut, il donne envie de s'informer et d'essayer de faire mieux que ça, en tant que personne. 

 Si Crazy Horse, Geronimo ou Sitting Bull revenaient, ils verraient ce que vous, les Blancs, avez fait aux Indiens, et ils déclencheraient une guerre. Ils verraient les Indiens sans domicile tituber dans les rues. Ils verraient les bébés atteints du syndrome d’alcoolisme foetal. Ils verraient la misère des réserves. Ils verraient les taux de suicide et de mortalité infantile chez les Indiens. Ils entendraient les chansons merdiques de Disney et auraient envie de faire mal à quelqu’un.

jeudi 5 mai 2016

Une petite histoire de 16,86 km exactement

Mesdames, messieurs, j'ai réussi, j'ai atteint mon objectif, j'ai fait cette boucle de 16,86 km! Vive moi, mollusque sur canapé. Jusque là mon record c'était 10 km sans pause :).


Les photographies sont nulles, mais j'avais pas mes lunettes ça aide pas pour faire la mise au point ^^

1 km :

Insouciance et motivation
Moi : Olalala c'est super sympa ces bâtons de rando, je me propulse. J'avance vite non.
Lui : Ouais carrément!

2 km :

Inquiétude et motivation
Lui : j'espère qu'on ne va pas tomber sur des sangliers.
Moi : en plein jour? peu de chance, je ne sais même pas s'il y en a aussi peu profond en forêt.

4,8 km :

motivation
Lui : bon pas de tempête de neige, cette fois on ne fait pas demi-tour!!
Moi : MO - TI - VEE



5,7 km :

Satisfaction et goûter
Moi : on a fait 1/3 ça va vite quand même ! Petite pause hydratation.



7,6 km :

malgré la motivation et la poussée de la descente, une légère inquiétude
Moi : j'espère VRAIMENT qu'on aura pas à remonter le même genre de côte!
Lui : Il faudra bien remonter à un moment j'imagine.
Moi : oui, mais progressivement j'espère!



8 km :

la météo et l'état des chemins, le meilleur test pour les chaussures et la lessive
Lui : je préfère quand on marche sur les chemins champêtre, ça me gave la boue.
Moi : regarde on peut voir les traces d'animaux, les chevaux, les sangliers.
Lui : Tu vois qu'il y a des putains de sangliers !!

8,5 km :

30 millions d'ami / aucun animal n'a été blessé durant cette promenade. (mais deux escargots ont eu chaud la coquille quand même)
Moi : oooh regarde une salamandre. deux trois... oooh des salamandres
Lui : *balance un caillou*
Moi : roooh mais arrête d'embêter les salamandres les pauvres.
Lui : j'aide juste la nature à sélectionner les plus rapides!



9 km :

il est trop tard pour faire demi-tour, mais c'est tellement joli par ici
Lui : on entend le fleuve!
Moi :ah oui! Joli le ruisseau, tout clair, ça donne soif. On a vraiment que ça a boire? mmh, va falloir faire attention.
Lui : tes barres de cérales ce sont vraiment des calories bombs!
Moi : c'est surtout sacrément dégueulasse, j'espère que c'est vraiment anti-fatigue! On en est où?
Lui : La moitié!
Moi : whohoo trop bien encore deux heures alors ? Bon par contre à toi de prendre le sac.

La Crusnes


11 km :

question existentielle : on coupe par la grande côte ou on suit le plan initial.
Décès de ma jambe gauche.
Suivons le plan initial.



12,9 km :

Décès de la jambe droite.
C'est encore loin? j'ai mal partout!T_T



13,1 km : 

On aurait du prendre ce raccourcis.


Lui : PUTAAAAIN DE BUCHERONS*
Moi : on a beaucoup à monter comme ça, en escaladant les rondins en travers du chemin?

*nous n'avons rien contre les bûcherons qui nous évitent de nous ramasser des vieux arbres sur le coin de la tronche, mais ça aide à grimper d'exorciser son mécontentement de l'instant. 

13,2 km :

Avec le frottement, la vis du bâton gauche commence à griffer ma main.



13, 3 km :

Désespoir et forte envie de me rouler en boule et d'attendre le déluge ou l'invention de la téléportation.

13,35 km :

L'épicière, toujours une compagne de randonnée agréable.
Lui : au fait, tes bâtons, tu comptes les ranger où ?
Moi : ben ils étaient dans l'armoire
Lui : oui mais y'a de la boue c'est sale, on pourrait les mettre dans le gara…
Moi : est-ce réellement le moment de me prendre la tête?!!! et puis c'est pas sympa tu m'attends pas !!
Lui : boit un coup peut-être si t'es fatiguée ?
Moi : j'ai plus que le fond:(
Lui : attaque la mienne, j'ai pas soif pour l'instant.

13,36 km :

Ce que les jambes ne peuvent plus faire, les bras le peuvent, go go go bâtons de rando.

13,7 km :

désespoir et  absence de confiance en soi
Moi : c'est encore loin ? On devait pas longer le chemin de fer ?
Lui : OUI.
Moi : mais t'es pas fatigué?!
Lui : non ça va:)
Moi : je suis vraiment nulle et pas endurante, c'est pas juste:(
Lui : je cours 10 km toutes les semaines, là je marche, ça va c'est normal déprime pas. Aller avance, on finira pas arriver au bout. Et puis, je te rappelle que TU voulais tester une plus longue randonnée. C'est pas comme ça qu'on va pouvoir faire une étape du GR.

13,75 km 

A la base, je voulais faire un parcours de 20 km. Doubler la distance direct. Mouhaha. Pas très réaliste. Et puis... c'est encore pas assez pour une étape de GR. :(

14 km :

décès du bras droit par réveil de tendinite.

14,8 km :

petit point GPS et boost d'énergie
Moi : on arrive bientôt ?


Lui : NON
Moi : Hein ?? comment ça non ??? encore quoi, 4-5 km ??
Lui : ah non quand même pas. 2Km en se basant sur l'échelle.
Moi : mais, ça fait plus qu'une demi-heure alors ?:D


16,1 km :

J'avance à 3 pattes, mais j'avance : on voit la ville !

16,3 km :

30 millions d'ami
Moi : Oh un lézard !
Lui : …

16,8 km :

Je n'avais jamais remarqué ma rue était aussi longue et pentue. #marche en conscience

16,86 km :

HALLELUJAH VOLEZ CHAUSSURES COULE MENTHE A L'EAU COUSSIN CANAPE.


Bon maintenant, j'ai plus qu'à me remettre de tout ça avec un bon bouquin ;)