mercredi 31 août 2016

[bilan lecture] Partie 3 : Au long cours...

Bonjour à tous !
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> Partie 3 : Au long cours…

Partie 4 : Liste complète romans et essais, BD/mangas/comics


Ici je vais brièvement (enfin je crois) parler des lectures que je fais tout au long de l'année : les magazines, les essais que je ne finis pas en un an (oui, je ne suis pas très rapide en "non fonction") mais qui prennent quand même un certain temps de lecture.

Les abonnements :


-  Réponses photo : un super magazine auxquels je m'abonne une année sur deux car les dossiers techniques sont un peu répétitifs. Cependant, je l'apprécie beaucoup : les dossiers sont clairs pour les amateurs éclairés, on découvre de nouveaux artistes, il y a des tests de matériels, des réflexions sur la photographie en général. C'est complet et pas très cher pour un magazine spécialisé !

- Jentayu : J'en ai déjà parlé dans un article complet ici, c'est un magazine très complet, avec des textes de qualité qui permettent vraiment de découvrir des auteurs qui n'ont quasiment aucune visibilité dans le paysage littéraire en France.

- A/R magazine : le seul magazine voyage que je peux lire de A à Z ! Il n'est ni pédant/élitiste ni clicbait...Les articles sont vraiment de qualité, avec un travail de fonds, sur des destinations lointaines ou proches, avec une sélection culturelle super intéressante aussi bien en film qu'en musique du monde ou en livre, le tout avec une touche d'humour... Il ne cherche pas à tout prix à surfer sur la tendance, il a sa propre identité et surtout il y a les chroniques de Julien Blanc-Gras que j'adore! Bref : il a tout pour lui.

Les essais : 

Trois essais ont occupé mon année, et occuperont encore la suivante, vu ma vitesse de progression...

Il s'agit de "Charlemagne : fondateur de l'Europe" par Ivan Gobry, bouquin que j'avais eu envie de lire suite à ma visite d'Aix-la-Chapelle, et qui je dois avouer me donne bien du fil à retordre, puis d' "Histoire de la pensée chinoise" d'Anne Cheng qui est passionnant mais assez compliqué, j'aime me plonger dedans quand j'ai le cerveau en forme et quelques heures devant moi, et enfin du petit mémo "reconnaître les arbres" par Jean-Baptiste de Vilmorin : j'ai bon espoir d'arriver à reconnaître les arbres que je croise tous les jours sur ma route.


Et vous? Vous avez aussi des livres que vous lisez à petits pas ou êtes vous plutôt du genre à tout lire d'une traite?

lundi 29 août 2016

[bilan lecture] Partie 2 : Vous reprendrez bien un petit peu SFFF ?




Bonjour à tous !
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> Partie 2 : Vous reprendrez bien un petit peu SFFF ?

Partie 4 : Liste complète romans et essais, BD/mangas/comics

Comme précédemment, si vous souhaitez un retour sur livre en particulier, faites m'en part en commentaire. La liste des livres non chroniqués étant longue (bouh la vilaine flemmarde), je ne vais m'attarder que sur ceux qui m'ont vraiment marqué!


Je n'ai pas chroniqué le dernier tome de la trilogie de Margaret Atwood, mais il est aussi excellent que les deux premiers. Vraiment, cette auteur me subjugue à chaque fois, j'adore ses personnages et ses univers, à chaque fois que j'en parle avec quelqu'un je trouve un nouveau détail à mettre en avant. Lisez-là!
  • Fées, weed et guillotine / Berrouka, Karim
  • Les reflets d'Earanaë / Boulanger, Anthony
  • La passe-miroir : les disparus de Clairdelune / Dabos, Christelle
Si j'avais eu un peu de mal à rentrer dans le premier tome, ce second volet m'a happé immédiatement et j'attends avec impatience le tome 3. Vite vite Mme Dabos!
 Ce livre n'est pas le coup de coeur de l'année, c'est plus que ça, il a directement rejoint le panthéon des livres qui me suivront toute ma vie (en gros, il trône avec le Seigneur des Anneaux)(j'ai un petit panthéon)... C'est un roman-monde, de ces histoires qui en contiennent tellement que toute une vie ne suffirait pas à s'en repaître totalement. La horde du contrevent n'est pas un livre facilement accessible, j'ai du m'y reprendre à trois fois pour dépasser le premier chapitre... Mais cela en valait la peine, ce livre m'a apporté tellement de chose, de mots auxquels me raccrochés... je l'aime pour toujours.
π Qu'importe où nous allons, honnêtement. Je ne le cache pas. De moins en moins. Qu'importe ce qu'il y a au bout. Ce qui vaut, ce qui restera n'est pas le nombre de cols de haute altitude que nous passerons vivants. N'est pas l'emplacement où nous finirons par planter notre oriflamme, au milieu d'un champ de neige ou au sommet d'un dernier pic dont on ne pourra plus jamais redescendre. N'est plus de savoir combien de kilomètres en amont du drapeau de nos parents nous nous écroulerons ! Je m'en fiche ! Ce qui restera est une certaine qualité d'amitié, architecturée par l'estime. Et brodée des quelques rires, des quelques éclats de courage ou de génie qu'on aura su s'offrir les uns aux autres. Pour tout ça, les filles et les gars, je vous dis merci. Merci.
la horde du contrevent - Alain Damasio
 Une belle découverte que cette trilogie d'Estelle Faye, je l'avais entendu présenter son livre dans une conférence Imaginales sur l'histoire et la fantasy...et je dois dire que c'est très convaincant. Les personnages ont une vraie profondeur, la période (fin de l'empire romain et montée du christianisme) choisie offre vraiment des perspectives scénaristiques intéressantes et retentissantes dans notre contexte actuel. 

 Un court roman fantastique qui m'a laissé une très bonne impression, à la fois drôle et sombre, c'est le genre de bouquin parfait pour remplir un petit creux de lecture !
  • Même pas mort T1 / Jaworski, Jean-Philippe
 Il m'en aura fallu du temps avant de me lancer dans un roman de J-P Jaworski... J'ai trouvé cette lecture particulièrement exigeante (au niveau du style, des références culturelles et historiques) mais d'autant plus passionnante.
 
  • Aeternia : la marche du prophète t1 / Katz, Gabriel
  • Aeternia : l'envers du monde / Katz, Gabriel
  • Le puits de mémoire : la traque t1 / Katz, Gabriel
  • Le puits de mémoire : le fils de la lune t2 / Katz, Gabriel
  • Les puits de mémoire : Terre de Cristal / Katz, Gabriel
 Gabriel Katz me fait le même effet que David Gemmell, des personnages forts, un rythme soutenu, des valeurs qui me parlent... Je le dévore et j'en redemande encore!

Le monstre sur le seuil / Lovecraft, Hp
Mordre le bouclier / Niogret, Justine
Les deux tours (nouvelle traduction) / Tolkien, JRR




dimanche 28 août 2016

[bilan lecture] Partie 1 : Du sommet des montagnes, en passant par la Chine et les Amériques.


Bonjour à tous !
Je vais essayer de changer un peu de formule pour mon bilan de lecture cette année (et oui, je clôture le 31 août, date à laquelle autrefois j'ai commencé mon cahier de lecture ;) ), en faisant quelques récapitulatifs thématiques.
Je n’ai pas chroniqué toutes mes lectures, aussi j'essaye de compléter avec une impression rapide : si vous souhaitez plus d'information, laissez moi un commentaire :)

> Partie 1 : Du sommet des montagnes, en passant par la Chine et les Amériques.

Partie 2 : Vous reprendrez bien un petit peu SFFF ?
Partie 3 : Au long cours…
Partie 4 : Liste complète romans et essais, bd / mangas / comics.

Atteindre les sommets

Joe Simpson et Simon Yates, deux jeunes alpinistes britanniques, tentent la première et ambitieuse ascension de la face ouest du Siula Grande dans les Andes du Pérou. Ils atteignent le sommet, mais c'est à la descente que se produit le drame. Dans la tempête, Joe tombe à travers une corniche de neige et se blesse gravement à la jambe. A 6000 mètres, sur cette montagne isolée du monde, il n'a aucune chance de s'en sortir. Il le sent. Et Simon sait qu'en voulant porter secours à son compagnon, il n'en réchappera pas non plus. Que se passe-t-il dans la tête d'un homme condamné à trancher la corde au bout de laquelle est suspendue la vie de son ami ? A quoi peut penser celui dont l'existence ne tient plus qu'à un fil ? Comment peut-on trouver la force de lutter encore, contre toute raison, alors que la mort semble déjà avoir gagné ?
Je viens de finir cette autobiographie, elle est à couper le souffle. Le corps humain est impressionnant dans sa résistance, et le mental peut être d'une telle ténacité en situation de survie... C'en est presque incroyable.
  • Le sommet des dieux  / Taniguchi, Jiro
 6 juin 1924, George Mallory et Andrew Irvine, bouteilles d'oxygène et vivres et appareil photo sur le dos, quittèrent le camp 4 accompagnés de huit porteurs pour tenter d'atteindre le sommet de l'Everest. On suit leurs traces jusqu'à l'altitude à laquelle ils ont disparu. Ont-ils atteint le sommet ? On retrouva, des années plus tard, quelques effets personnels mais jamais leur appareil photo ne refit surface officiellement. Le fabricant assure pourtant que si le film est encore dans l'appareil, il est possible de le développer, même plus de cinquante ans après. L'énigme serait-elle donc sur le point d'être résolue ?
Un manga au dessin magnifique, qui mêle à la fois histoire de l'alpinisme, photographie et récit de vie. C'est poétique et sensible, j'ai eu beaucoup de mal à sortir de ce récit.


Escale en Chine

  • Le siècle de la Chine  /  Araujo, Heriberto
De dictature perfide, la Chine est devenue la planche de salut de l'économie mondiale. Une spectaculaire expansion aujourd'hui renforcée par les turbulences économiques liées aux récentes crises bancaires. Fascinés par l'ampleur du phénomène, les journalistes Juan Pablo Cardenal et Heriberto Araújo ont décidé de faire le tour des pratiques économiques, géostratégiques et sociales decette Chine conquérante. En allant là où l'ampleur du géant est la plus nette : dans le monde en développement. Du commerce ambulant du textile en Égypte à la pénétration des marchés en Russie orientale, de l'exploitation du pétrole en Asie centrale aux relations ambiguës avec l'Iran, de l'implantation en RDC au cas effrayant de la Birmanie, où, avec la complicité des généraux, le jade est extrait jour et nuit dans des conditions inhumaines, de l'exploitation du fer au Pérou à celle du pétrole au Soudan ou des hydrocarbures au Turkménistan, des conditions de vie et de travail des expatriés chinois à la "pax sino-cynique", l'enquête de terrain, entamée à la fin de l'été 2009 pour plus de deux ans, s'appuie sur quelque 500 témoignages, recueillis par les auteurs dans vingt-cinq contrées du monde en développement, parfois au péril de leur vie. Au-delà du constat, les auteurs s'attachent à comprendre les mécanismes de cette nouvelle forme d'impérialisme silencieux, qui mise sur lapuissance économique plutôt que militaire : ils décortiquent le fonctionnement des banques de développement ; sondent l'esprit entrepreneur et le sens du sacrifice des ressortissants chinois, l'expression de leur patriotisme et d'une solidarité nationale à toute épreuve ; ils décryptent la stratégie "infrastructures (barrage au Soudan, stade national au Costa Rica…) contre matières premières", et s'interrogent : si la Chine doit être le prochain maître du monde, comment en faire un monde à visage humain ?
Un essai que j'ai particulièrement apprécié dans sa capacité à prendre du recul et à ne pas systématiquement associé l'ouvrier/entrepreneur chinois à son gouvernement. C'est un ouvrage critique (et il y a de quoi), sans être injuste (comme l'est souvent la presse racoleuse), j'ai vraiment appris plein de choses sur le fonctionnement de la société chinoise actuelle, mais aussi sur les conditions d'é/imigration.

  • Le chinois  /  Mankel, Henning
 En janvier 2006, 19 membres d’une même famille (les Andrén) sont massacrés à l’arme blanche dans un village isolé du nord de la Suède. La policière Vivi Sundberg penche pour l’acte d’un déséquilibré. Birgitta Roslin, juge à Helsingborg, s’intéresse à l’affaire car les parents adoptifs de sa mère sont parmi les victimes. Elle mène une enquête parallèle. Un ruban rouge retrouvé sur les lieux du crime la met sur la piste d’un mystérieux Chinois qui aurait séjourné la nuit du massacre dans un hôtel voisin, où il a été filmé par une caméra de vidéo-surveillance.(...).

Un roman policer vite lu et vite oublié : entraînant et original, mais l'ayant lu après l'essai "le siècle de la Chine", les dénouements et explications étaient malheureusement un peu trop prévisibles ou répétitifs.

  • La Chine ancienne  /  Shaughnessy, Edward L.
Parfait pour réviser sa chronologie des dynasties et avoir un aperçu de la Chine ancienne. Un documentaire très grand public, auquel on peut se reporter pour avoir les bases avant de s'attaquer à la très complète bibliographie en fin d'ouvrage pour une étude plus poussée!

Peuples autochtones

Vous trouverez ici un super article sur la terminologie à choisir parmi autochtones, Natives american, amérindiens etc.

  • La fille sauvage  /  Fergus, Jim
 En 1932, au cœur de la Sierra Madre, un chasseur de pumas fait une bien étrange capture : celle de la Niña Bronca, jeune femme appartenant à l'une des dernières tribus apaches vivant à l'état " sauvage " dans les montagnes. Devenue bête de foire, ligotée sur le sol glacial d'une cellule, elle ne souhaite plus qu'une seule chose : se laisser mourir.
C'est compter sans l'aide miraculeuse de Ned Giles, apprenti photographe qui, accompagné d'une anthropologue, d'un étudiant et de deux éclaireurs indiens, va braver la mort et les dangers afin de ramener l'envoûtante sauvageonne parmi les siens.

Un roman touchant et sombre sur "la chasse à l'indien" dans les années 30 aux Etats-Unis et au Mexique. Mais c'est bien plus que ça, féminisme, homosexualité, interculturalité, interrogation sur l'éthique et le rôle du photo-journalisme : cette histoire vous offre plein de pistes de réflexion dans un style fluide et entraînant.

  • Le revenant  /  Punke, Michael
États-Unis, 1823. Au cours d’une expédition à travers les Grandes Plaines, le trappeur Hugh Glass est attaqué par un grizzly. Défiguré, le corps déchiqueté, Hugh est confié à deux volontaires chargés de le veiller jusqu’à sa mort puis de l’enterrer. Mais ses gardiens décident d’abandonner le blessé. En plein territoire indien, seul, désarmé et à bout de forces, Glass survit. Son unique motivation : la vengeance. Commence alors la légende de Hugh Glass : l’histoire d’un homme hors du commun qui va parcourir cinq mille kilomètres, depuis le Dakota du Sud jusqu’au Nebraska, pour retrouver ceux qui l’ont trahi.

Ayant adoré le film, j'ai eu envie de lire le roman qui l'a inspiré. Roman lui-même inspiré d'une histoire vraie. Trêves d'inception, ce roman a tout pour lui : il est instructif , j'ai vraiment appris plein de choses sur les guerres "indiennes" dont je ne savais pas grand chose (notamment des alliances entre certaines tribus et les britanniques, d'autres avec les américains, bref, tout un monde dont je ne soupçonnais pas l'existence, mais il faut dire que j'ai peu de connaissances sur l'histoire des Etats-Unis). Les personnages sont attachants, les paysages traversés font rêvés... bref,  j'ai passé un très bon moment de lecture !

  • Etunwan  /  Murat, Thierry
1867. Pittsburgh, États-Unis d’Amérique. Dans la ville industrielle grouillante et riche, Joseph Wallace, 33 ans, est photographe et tire le portrait des nombreux notables, ce qui lui assure une vie confortable mais sans possible fantaisie artistique. Il s’engage à suivre l’expédition dans les Montagnes Rocheuses. Le programme dirigé par le Docteur Walter est financé par le Gouvernement américain afin d’explorer de nouvelles zones à cartographier et découvrir si de nouveaux gisements d’or ou de charbon sont exploitables, s’il existe, toujours plus loin, d’autres terres à coloniser. Parmi les plus éminents scientifiques de la côte Est, Joseph Wallace a pour mission de photographier les régions traversées, le relief, la végétation, et aider à cartographier le territoire. Mais l’expédition se révèle être un voyage intime sans retour. Suivant le dédale géographique, Wallace entame un cheminement artistique. Le tranquille époux et père de famille rencontre les Indiens Sioux Oglalas et sa vie va s’en trouver changée. Il est désormais Etunwan, Celui-qui-regarde. De retour en ville il n’aura de cesse de vouloir retourner en terres indiennes, d’autant qu’il a aimé corps et âme la femme papillon. Le projet d’envergure humaniste, ethnographique et artistique devient une nécessité pour lui qui connaît « un détachement lent, progressif, physique et cérébral » du monde blanc, telle une mue animale pour appréhender le réel d’une façon nouvelle, alors que la photographie est un art neuf en rapide évolution technique. La mission artistique du photographe est là : ne plus seulement reproduire la réalité des êtres et des choses mais les sublimer. Il faut raconter avec le regard. Au-delà de tout progrès technique. C’est là l’essence de son art, c’est ce qu’il aura solennellement appris de ces voyages à l’Ouest.
Que dire? si la thématique ne vous intéresse pas, regardez au moins les images, les dessins sont à couper le souffle. Et le scénario est plaisant, il est classique mais il s'en dégage une certaine poésie douce-amer.




A bientôt pour la deuxième partie !


samedi 27 août 2016

Les fantômes de LuLing - Amy Tan



Résumé :

Le passé d’une mère… Le destin d’une fille… Un fascinant voyage depuis la Chine des années 1920 jusqu’à l’Amérique d’aujourd’hui. À quarante ans, Ruth, la fille de LuLing, ne parvient plus à affronter le présent. Les rapports entre la fille américaine et sa mère chinoise sont entachés d’incompréhensions culturelles, de tensions, de secrets enfouis. Tandis que Ruth aimerait rayer d’un trait son enfance avec LuLing, celle-ci, atteinte de la maladie d’Alzheimer, a peur d’oublier son passé… Et ce sont les secrets de la mère qui vont bouleverser le destin de la fille… Au soir de sa vie, LuLing dévoile en effet les mystères de sa vie: son enfance en Chine; l’histoire de sa famille, lettrés et fabricants d’encre renommés, ruinée par une malédiction; son passage dans un orphelinat chrétien et son premier amour; les horreurs de l’invasion japonaise; la montée du communisme; puis la fuite vers Hong Kong et les États-Unis… LuLing nous transporte dans un monde sauvage, torturé, où les traditions et les superstitions passent avant l’amour, où les femmes libres et cultivées sont pour tous un danger.

Mon avis :

Je vous l’annonce tout de suite, c’est un gros coup de cœur. J’avais déjà adoré « noyade interdite » mais « les fantômes de LuLing » le surpasse encore.

C’est un roman encore une fois très bien écrit, où l’on va du présent de Ruth et LuLing à des flashbacks dans leur jeunesse respective : pour l’une dans la campagne chinoise, pour l’autre aux Etats Unis. Dans cette histoire, les mots sont d’une grande importance, d’abord parce que Ruth est écrivain-fantôme, et qu’elle doit donc traduire les pensées de ses clients en un livre, ensuite parce que sa mère n’a jamais réussi à maîtriser complètement l’anglais ce qui rend parfois la communication difficile… Mais surtout… comment vous donnez envie sans vous spoiler ? Disons qu’il est question de mots qui détiennent les secrets de toute une vie mais dont on arrive pas à se souvenir et d’obsession à la limite de la folie qui ont pour source les plus belles histoires.

L’auteur nous offre également une fine analyse des relations mères-filles, de l’impact des traditions culturelles ou familiales dans la construction de l’individu et par extension, de leur influence sur toute la culture familiale. On découvre également l’impact de la grande Histoire sur l’histoire des petites gens, le lot d’arrangement, de secrets et de douleurs qu’il entraîne. La relation entre Ruth et LuLing est difficile, la relation entre LuLing et sa famille l’est aussi. Cela pourrait être un conte cruel, si Amy Tan n’avait pas le talent et l’amour nécessaire pour en faire une histoire de reconnaissance de l’autre dans sa réalité, dans sa propre personnalité, de compassion, de réconciliation et d’apaisement.

C’est un roman très émouvant, parfois douloureux, mais plein de beauté, de nuances. L’histoire est en partie autobiographique (vous trouverez ici l’histoire de l’auteur  ).

Amy Tan est un auteur qui a reçu des critiques d’une part de des auteurs sino-américain & de la communauté car ils estiment qu’elle donne une vision stéréotypée de la famille chinoise immigrée mais également qu’elle réécrit les grands classiques chinois à la sauce américaine. Je vous laisserais donc les références d’analyse et d’interview d’autres auteurs sur ce sujet (en anglais). La critique porte essentiellement sur le Club de la Chance, son premier roman, mais la suit tout au long de sa carrière : ici, , et encore là.

Ce que je peux personnellement en dire en tant que lectrice concerne uniquement la partie du récit qui se passe en Chine, pour laquelle j'ai des points de comparaison.
> Le témoignage de Luling présente tout de même des similitudes avec ceux compilés par l’auteur Xinran (née en 1958 en Chine, installée à Londres depuis 1997, Amy Tan est née quant à elle en 1952) dans les ouvrages que j’ai pu lire (en l’occurrence Chinoises, Mémoires de Chine, Messages de mères inconnues*.).
> Les fantômes décrits dans le roman me semblent assez proches de ce que je peux lire dans les recueils traditionnels ou dans la revue jentayu sur le sujet.



Si les histoires d’Amy Tan ne peuvent bien sûr pas prétendre représenter toute une communauté et sa variété d’individus, s’il est certes très intéressant de voir comment la culture chinoise « populaire » de sa mère, se mêle à la culture « américaine » de la fille, ce n’est pas l’unique attrait de ses écrits : les questionnements de ses personnages ont une portée universelle.   C’est un énorme coup de cœur pour moi.




* ceux-ci sont uniquement des essais, mais Xinran écrit également d’excellents romans comme baguettes chinoises ou les funérailles célestes, n’hésitez pas à jeter un œil à sa biblio, comme vous pouvez le constater, je suis fan !

jeudi 18 août 2016

[TAG] PkJ tag du lecteur en vacances

1)      En vacances, lisez-vous des livres traditionnels ou sur liseuse ?


Tout dépend de la situation, si je passe mes vacances à la maison, je vais lire ce qu’il me fait envie, peu importe le support. En revanche, si je suis en vadrouille, j’embarque ma PàL numérique sur liseuse !

2)      En vacances, lisez-vous plus ou moins qu'à l'habitude ?


Je pense que je lis un peu plus !

3)      Préparez-vous une pile à lire spéciale vacances ou vous laissez-vous guider par vos envies ?


Je prépare toute l’année ma PàL numérique au grès des promos et sorties, en prévision de mes vacances. Mais je ne suis pas à l’abri d’une envie de dernière minute !

4)      Avez-vous un genre préféré de lectures pour les vacances ?


Je mélange un peu tout : à la fois des lectures rapides, des lectures doudous (un tome de la ballade de Pern à chaque vacance, quand j’étais ados, c’était un tome de la saga des Rougon-Macquart par exemple), mais aussi des choses plus pointues sur lesquelles je n’ai pas le temps de mon concentrer habituellement ( Histoire de la pensée chinoise par Anne Cheng pour en nommer un.)

5)      Achetez-vous plus ou moins de livres en vacances qu'à l'habitude ?


Cela ne change pas mes habitudes d’achat.

6)      Réalisez-vous des défis livresques pendant vos vacances (le défi PKJ de juillet est disponible et celui d'août est en préparation!)?


Non, je ne me lance plus dans des défis livresques, je me lasse toujours avant la fin ! Disons que je poursuis toujours plus ou moins le challenge Morwenna pour découvrir les classiques de la SFFF que je ne connais pas encore, mais je ne me mets pas la pression pendant mes vacances !

7)      Quel est le livre que vous avez le plus envie de lire pendant vos vacances ?


Aux éditions fleuve noir, j’ai déniché les romans de la série TV Dark Angel, pour me replonger dans l’ambiance trilogie du samedi soir sur M6. Quand j’étais plus jeune, pendant mes vacances chez mes grands-parents, j’avais le droit aux livres de Charmed. Je vais perpétuer la tradition ! (et accessoirement connaître la fin de cette série trop tôt arrêtée, une de mes préférées encore aujourd’hui ! ).

8)      Quels sont 3 autres livres que vous aimeriez lire pendant vos vacances ?


- le chardon et le tartan / Diana Gabaldon
- Pré-ludes autour de l'homme préhistorique / Yves Coppens
- la quête du dragon / Anne McCaffrey

9)      Avez-vous l'intention de lire un Pocket Jeunesse pendant vos vacances ?

eh non!


10)  Avez-vous un bon souvenir de lecture en vacances ?



Dur dur de choisir !

- dans mon enfance, les livres du club des babysitters ou les livres de Charmed que mes grands-parents m’offraient quand on allait en course et que je dévorais !

- dans mon adolescence, les romans d’Amélie Nothomb que je lisais blottie sur un canapé avec mon amoureux, en tournant les pages ensemble. Ou la relecture pour une énième fois du seigneur des anneaux ou Harry Potter.

- la lecture d’un roman de Stephen King où une tempête se levait, au moment où la tempête se levait effectivement pendant mes tempêtes en Birmanie. Frissons garantis.

11) Pouvez-vous conseiller 3 lectures idéales pour les vacances ?


Un roman de David Gemmell, ou un tome de la ballade de Pern

Un roman de Daniel Pennac

Un roman de Julien Blanc-Gras.

11)  Avec quel personnage de roman aimeriez-vous partir en vacances ?


Bibi Chen de Noyade interdite, elle a l’air de vachement bien organiser les voyages ;)

13) Quel lieu de roman (réel ou imaginaire) aimeriez-vous visiter ?


La citacielle !

dimanche 7 août 2016

Découverte du Mudam au Luxembourg, avec l'artiste Wim Delvoye


Hello !

On me signale que ça fait un moment que je n'ai rien écrit pour le blog! C'est vrai, je n'ai pas été très inspirée ces derniers temps...Ce n'est pas faute d'avoir lu, vu des films ou d'être sortie, mais je n'ai rien trouvé à dire devant mon ordinateur.

Jusqu'à aujourd'hui donc, où j'ai décidé de faire un peu de tourisme local. A force de voir passer des photos du Mudam (Musée d'Art Moderne à Luxembourg ville) sur mon fil Instagram j'ai eu envie d'y faire un tour.
Je suis fan de la typo!



Je n'avais jamais entendu parler de ce musée, qui fête pourtant ses 10 ans cette année.
J'ai été très agréablement surprise!

A commencer par les tarifs, la grille est ultra simple: le tarif plein est de 7€, 5€ tarif réduit, et gratuit pour les moins de 21 ans. Compte tenu de la taille du musée, c'est tout à fait raisonnable, d'autant plus qu'il n'y a pas de suppléments pour les expos temporaires .  Et les visites guidées sont sans supplément et disponibles dans plusieurs langues.

J'adore l'architecture du bâtiment, les espaces sont très ouverts, on voit à l'extérieur : on ne va pas "s'enfermer au musée" ! On bénéficie d'un éclairage naturel dans certains espaces, de magnifiques jeux de lumières.




Il y a évidemment des salles borgnes pour les œuvres qui nécessitent une projection. Le mobilier est confortable, la scénographie lisible et accessible, bref c'est un chouette lieu.

D'ailleurs, on y trouve un espace bibliothèque et un bar pour se poser après ou pendant sa visite.  (Et une boutique avec des objets designs plutôt intéressants et abordables).

Concernant les collections, j'ai découvert l'artiste belge Wim Delvoye et j'ai totalement adhéré à ses concepts. Je ne pensais pas pouvoir un jour être séduite par un détournement de table à repasser, comme quoi tout arrive.
Table à repasser avec un blason, la vraie question, est-ce que le repassage devient une tâche plus noble? Vous avez 4h.

J'en profite pour ajouter que j'apprécie vraiment le soin que porte le musée à ses cartels : il y a des explications intéressantes et intelligibles pour mieux appréhender les œuvres. Il y a pas mal de musées qui pourraient en prendre de la graine niveau médiation!

Je vous laisse avec quelques photos des oeuvres de Wim Delvoye et le lien vers sa démarche artistique.





Je suis bon public #oculair/enculair.

Je suis un public facile #last port, tatouage sur peau de de porc.



A votre avis, que fait cette charmante machine au logo rutilant?
Je vous invite vraiment à aller découvrir son travail au musée, si j'ai éveillé votre curiosité...d'autant plus que je n'ai pas pris de photo de la chapelle aux vitraux ma foi...fort triviaux :D


D'autres artistes étaient représentés, notamment :

Fiona Tan : je n'ai pas accroché à ses travaux vidéographiques (?), j'ai beaucoup de mal à accrocher aux projections de manière générale, donc je vais m'abstenir de commenter. En revanche, son travail autour de photographies collectées auprès d'habitants d'une ville ou d'un pays pour représenter la vie quotidienne "Vox populi", m'a beaucoup plu. De la photographie quotidienne qui permet de voir ce que chacun d'entre nous tient à imprimer sur la pellicule. Sensible et émouvant.

Yuri Suzuki et ses installations sonores : plein de tuyaux et d'entonnoir pour expérimenter la voix, le bruit, très interactif et coloré... En parfaite harmonie avec la fontaine d'encre de Chine de Su-Mei Tse, dont je vous recopie le cartel tant je trouve cela poétique.



La fontaine d'encre noire de Many Spoken Words est un hommage à la littérature. Les mots écrits se dissolvent et retrouvent leur état originel sous forme d'encre incarnant ainsi le processus de la langue : le cheminement d'une idée ou d'une pensée vers la parole puis l'écriture. A travers cet écoulement continu, l'oeuvre interroge également les notions de temps et de mémoire.

Many Spoken Words est également un rendez-vous du musée dédié à la littérature oralisée. On peut voir les captations dans l'une de salles du musée... Mais le Luxembourg étant trilingue, je suis malheureusement tombées sur des poèmes en allemand, et sans sous-titre c'est un peu trop compliqué pour moi sans accès à un dictionnaire... Mais le Mudam a pensé à tout, puisque les captations des performances sont accessibles sur Youtube! 
J'ai tout le loisirs d'écouter tranquillement les performances depuis mon canapé!

Mudam et musée des trois glands.
Quelques oeuvres sont également disséminées dans le parc autour du musée, où il est très agréable de se promener.





On trouve également une oeuvre "recyclée" déposée dans le parc par l'artiste Radostina Kostadinova, indépendamment des collections du musée.