mardi 13 septembre 2016

5 jours à Budapest (+1 jour de galère)

Une semaine en Hongrie, de la galère au Danube.

Dimanche dernier je m’envolais pour Budapest.  Mais ça n’a pas vraiment bien commencé…
La semaine précédente, j’étais dans les starting blocks, routard post-ité, valise prête, tous les billets et réservations imprimées, bref, je n’avais plus qu’à sauter dans l’avion.
Et puis en milieu de semaine, j’ai commencé à avoir mal au dos. Vendredi, après une nuit blanche et une réunion et les regards peinés de mes collègues, j’ai demandé si je pouvais ramper jusque chez le médecin dans l’espoir qu’il me trouve un truc qui me permette de pouvoir profiter de mes vacances. 

Mon médecin a qualifié ma « petite » crise de « lombalgie aigüe mais bénigne ». Ça veut dire que t’as mal à en pleurer,  mais qu’en même temps y’a pas grand-chose à faire, à part prendre une valise de cachetons, dont des anti-inflammatoires. Dois-je rappeler la qualité des vignobles hongrois, le prix du verre ? Le fait que nous ayons prévu de prendre le train et pas la voiture sur place pour pouvoir faire des dégustations.  Enfin, ça c’était dans l’optique où j’arrivais à me traîner jusqu’au train. Devant mon pessimisme (le mot est faible), ma grand-mère, grande connaisseuse, malheureusement, de la galère à se déplacer avec une crise de douleur, m’a gentiment filé une ceinture lombaire que mon médecin n’avait pas pensé à me prescrire.

Etant incapable de  porter mon sac à dos rando/photo, j’ai du « courir » la veille du départ chez Decathlon, une semaine de rentrée, un samedi pour aller acheter leur bébé sac afin d’agrandir la famille (un jour je prendrais une photo de famille de mes sacs de voyage et valise). Et puis il a fallu redéfaire l’autre sac pour faire le petit nouveau. Rien de bien grave, mais j’étais grognon.


Le jour du départ, mon cher et tendre daigne enfin jeter un œil au guide du routard pour me dire ce qu’il aimerait absolument voir. 2h avant le départ, il est large n’est-ce pas.
Départ légèrement dans la panique pour cause de « on a le temps ».  

15 km après la maison, « hey mon sac est léger, tu l’as mis dans le tiens le guide » « ah bah non, tu l’as pas repris ? » « ben TU étais en train de le lire »…  C’en est suivi d’une légère engueulade évidemment, parce que j’étais toujours pas de meilleur poil.

Nous sommes arrivés au parking 3 de l’aéroport, celui qui est le plus loin. C’est pas un problème puisque théoriquement, il y a une navette toutes les 7 minutes. Au bout d’un quart d’heure, n’étant pas trop trop en avance, on a fini par mettre les voiles à pattes. Avec les valises. A une vitesse de tortue puisque j’étais toujours souffrante.  25 minutes plus tard, on était à l’aéroport, nous avons passé le contrôle des bagages… Il nous est resté 15 minutes pour changer un peu d’argent et…. Retrouver un guide de voyage, pas génial certes, mais un guide quand même.

Et puis après ce départ en fanfare, la partie cool du voyage a commencé !


Nous avons organisé nos visites en fonction de deux éléments :  par quartier et en fonction des jours de fermetures (les musées ferment le lundi, le quartier juif du vendredi soir au samedi). Voici un aperçu de notre programme.

Jour 1 

Le parlement : il s’agit de l’un des plus grands parlements du monde. Il est vraiment majestueux, aussi magnifique de l’extérieur qu’à l’intérieur. Si vous souhaitez une visite guidée, nous vous conseillons vraiment de réserverà l’avance sur le site internet, et de venir au moins 20 minutes avant l’heure de votre rendez-vous. Nous sommes partis en moyenne saison, et il y avait encore de loooongues files d’attente. N’oubliez pas après votre visite du parlement de vous arrêtez au musée, à côté de la sortie mais toujours dans le bâtiment si vous souhaitez en savoir plus sur l’évolution politique du pays. C’est inclus dans le prix de la visite, l’audio guide est de qualité et la visite interactive.
pas de photos en HDR ultra retouchée, la vérité nue : oui, nous avons fait notre première journée sous la pluie battante !


A proximité, sur la place Kossuth Lajos tér, vous trouverez le discret « 1956 memorial », il se situe au numéro 3 sur le plan. Il retrace brièvement la révolte de 1956 et propose des témoignages de survivants. C’est très intéressant, mais aussi très impressionnant : les vidéos d’archive montre la population se faire abattre, adultes comme enfants, elles ne sont pas exempte de cadavres (finalement BFMTV n’a rien inventé)… Un char holographique en taille réelle vous tire dessus, bref, ça permet de prendre la portée des évènements mais je pense que c’est aussi volontairement « choquant ».  Pas une visite à faire en famille donc !

Promenade le long du Danube : les berges sont très bien aménagées, il est très agréable de s’y promener.  Les ponts pour le traverser ont tous une large voie piétonne.  Nous en avons profité également pour passer près de l’œuvre « mémorial des chaussures », en souvenir des juifs exécutés puis jetés dans le fleuve. 

Ile Marguerite : Malheureusement, la plupart des monuments à visiter sur l’île étaient inaccessibles pour cause de travaux. Ce qui n’empêche pas le lieu d’être vraiment très agréable et bucolique. Nous avons loué une voiture à pédale pour faire le tour, à l’ombre des arbres et en compagnie des écureuils. Des pistes de courses sont à dispositions pour les sportifs et un mini-zoo pour occuper les enfants.

Saurez-vous retrouver l'adorable écureuil qui se cache dans cette photo? *_* :3
Basilique Saint Etienne : la basilique se dresse sur la place szent Istvan, dans un quartier piéton qui rappelle le quartier latin à Paris (de manière générale, Budapest une capitale à l’architecture « vieille Europe » comme à Paris ou Vienne).


Jour 2

La synagogue : la plus grande d’Europe, et la deuxième plus grande du monde, construite sur le modèle d’une église en 1854 pour se faire discrète.  Au-delà de l’architecture, n’hésitez pas à lire les panneaux informatifs disposés dans la galerie extérieure pour apprendre plus sur l’histoire du lieu, notamment pendant le ghetto de Budapest. C’est un endroit très émouvant, chargé d’une lourde histoire, alors s’il vous plait, aimables touristes, rappelez-vous que certains descendants viennent se recueillir ici et évitez de vous comporter en gros rustre avec votre appareil photo. J’ai du mal à comprendre comment on peut faire un selfie à côté d’un mec en larme qui vient de retrouver la trace d’un des membres de sa famille sur un mémorial. Mais je suis sûrement trop émotive.



Musée national de Hongrie : un très grand musée, qu’il n’est pas la peine de visiter si vous ne comptez pas prendre d’audio-guide, il n’y a que très peu d’indications dans les vitrines. Et même si vous prenez un audio guide, il s’agit d’une visite « à l’ancienne », il n’y a pas de numéro de vitrine, le guide présente l’ensemble de la pièce, on ne peut pas écouter seulement ce qui nous intéresse.  Je vous préviens, parce que nous avons mis 2h30 à suivre cette visite audio-guidée (français disponible), et sur la fin, nous avouons humblement avoir arrêté d’écouter pour lire uniquement le petit panneau à l’entrée de la salle qui présente l’époque. Le musée est très complet et permet de découvrir le pays depuis le moyen-âge jusqu’à l’indépendance du pays après le départ des russes. 

Monument de la libération : avec mon mal de dos, la libération a surtout eu lieu une fois redescendue et vautrée sur un banc. Mais je ne regrette rien : la statue est colossale, et la vue sur la ville magnifique. A faire en fin d’après-midi pour profiter du coucher du soleil !

c'est haaaut!
Sziklatemplom : une église dans une grotte, entre les bains Gellert et le départ du sentier pour le monument de la libération. Une visite pas indispensable si vous manquez de temps (aucun de mes deux guides ne la mentionnent), mais étonnante et insolite. 




Pont de la liberté : essayez de traverser un pont à pied au moins une fois pendant votre séjour, le temps d’apprécier le panorama sur le Danube !


Jour 3


Bains Széchenyi : wow ! Pour les amateurs de sauna, hammam, bains chauds (et froid), et de natation, le cadre est magnifique. Nous avons  choisi ces bains par rapport  au reste de nos visites dans le coin, mais il y en a plein d’autres que vous pouvez trouver sur l’excellent site suivant. Vous pouvez réserver vos tickets dans la plupart des hôtels pour éviter de faire la queue (il faut se rendre au point d’information à droite dans l’entrée principale pour récupérer votre badge et rentrer directement). Infos utiles : si vous souhaitez profiter du bassin de nage, le bonnet est obligatoire. Pensez à prendre vos propres serviettes, si vous en avez la possibilité des claquettes. Il existe deux formules : cabin et locker. Cabin : vous disposez d’un casier et d’une cabine privative pour vous changer. Locker : vous disposez d’un casier et vous vous changez dans un vestiaire commun.
Environ 15€ par personne pour la journée complète.

Place des héros 

Château de Vajjdahunyad : nous n’avons pas visité les intérieurs, mais le parc est très agréable.



Maison de la terreur : l’ancien QG des Croix Fléchées (les nazis hongrois), puis de la police politique communiste. Un garde à l’entrée vous ouvre la porte, puis vous arrivez dans un bâtiment sombre, sans fenêtre. Le ton est donné. On trouvera plus particulièrement des informations sur la période d’occupation communiste, au détriment de la période fasciste (que vous pourrez compléter dans d’autres musées ceci-dit, mais c’est tout de même important de le noter). Dans ce musée, on découvrira des objets ayant appartenu aux chefs de la police, des témoignages de déportés (époque communiste), et de nombreux spots de propagandes mis en regard avec le témoignage des habitants. Le matériel d’écoute a été conservé et vous pourrez donc jeter un œil à la machinerie nécessaire pour la surveillance de la population. Le plus impressionnant est néanmoins le sous-sol, auquel on accède via un ascenseur très lent, où le bourreau explique comment on lui demandait de torturer ou d’exécuter les prisonniers. On visite ensuite les cellules exigües et même la salle du gibet. Une visite déconseillée aux enfants. Malgré l’absence de fenêtre, mon claustrophobe de mari m’indique que ce n’est pas gênant pour visiter. Le malaise provient surtout de l’histoire du lieu…et de sa résonnance avec notre époque et ses dérives extrémistes.
Attention : information exclusivement en hongrois et en anglais.

Marché couvert : parfait pour faire les achats de souvenir avant de partir ;)


Jour 4 : 

Balatonfüred : il s’agit de THE station « balnéaire » de Hongrie, au bord du lac Balaton. Le lieu est magnifique, mais une journée c’est un peu court : il faut compter 2h de train pour s’y rendre, et 1h de bus si l’on veut se rendre au départ des randonnées les plus intéressantes. A Balatonfüred, on trouve des musées vieillots, et des plages, toutes payantes mais très bien équipées. Une petite parenthèse au calme pour bouquiner tranquillement les pieds dans l’eau.

Jour 5 :

Nous avons profité de ce dernier jour pour gravir la colline de Buda et nous promener dans le quartier du château. Pas de visite au programme, si ce n’est la magnifique église Matyas. Nous vous déconseillons de prendre un ticket pour le bastion du pêcheur, il suffit en effet de passer sous les alcôves à gauche du bar pour prendre ses photos gratuitement.






Quelques infos supplémentaires :


La gastronomie locale ayant été révolutionnée par les allemands, ne vous attendez pas à un orgasme gustatif. On mange tout pané et frit, en sauce, et sans légumes. Si vous avez un peu de budget (une quarantaine d’euros pour un plat + un dessert et une boisson pour deux), il y a tout de même d’excellents restaurants, notamment le Rosenstein.

Tout est accessible en transport en commun, les contrôles sont systématiques donc prenez bien un ticket. Nous on a pris le ticket 72h. Si vous avez l’occasion de passer par un office du tourisme, demandez un plan pour les trames et bus, le métro est très simple, mais si votre guide n’indique pas les numéros de tram ou bus à prendre, c’est plus compliqué de s’y retrouver, peu de plans indiquent les monuments à proximité des arrêts.

On trouve très aisément des informations en anglais, allemand ou italien. 

On vous déconseille le guide Michelin "week-end Budapest" si vous souhaitez avoir des informations approfondies sur l'histoire de la ville et du pays, il s'agit vraiment de conseils pratiques pour la visite sans réels approfondissements. Et il est assez pauvre en bonnes adresses pour manger.


2 commentaires:

  1. Mince les galères de départ et le mal de dos :/
    Ça avait l'air sympa néanmoins. J'aimerais un jour faire Budapest...

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    1. Au moins, ça donne un petit côté épique au voyage ;)
      C'est vraiment une belle ville, tout est facilement faisable à pied, mis à part le budget pour l'hôtel qui est dans les mêmes tarifs qu'en Europe de l'ouest, tout est bon marché.

      Si tu as l'occasion c'est vraiment une ville où il y a plein de choses à faire, là nous avons pris 5 jours et on a vraiment pris le temps dans les musées, on est sorti de la ville, fais beaucoup de chose à pied, mais en prenant plus les transports en commun et en regroupant bien les visites, c'est faisable en 2-3 jours :)

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