mercredi 28 décembre 2016

Bucarest en novembre : mauvaise idée.


J’annonce la couleur tout de suite, Bucarest au mois de novembre, ce n’est vraiment pas une idée de génie.

Nous y sommes restés 3 nuits et franchement, c’était un peu long.


Passons rapidement sur ce qui nous a déplu avant d’insister plus longuement sur les quelques points positifs du séjour :


- La ville est très délabrée : entre les destructions de monuments historiques, les nombreux séismes,  et le niveau de vie, ce n’est pas une ville où il est agréable de se balader en hiver. Il fait gris et moche, même les plus belles avenues sont bordées de bâtiments délabrés.

- Culturellement parlant, c’est la saison morte : les musées ferment sans prévenir avec une petite affichette sur la porte, d’autres vous font payer mais les collections ne sont pas accessibles pour cause de rénovation, et la plupart sont fermés.  Du coup, comme il y a peu de bâtiments ayant survécu au communisme, il ne reste plus grand-chose à voir si ce n’est quelques églises.

Difficile de trouver des informations fiables : la preuve, entre l’office du  tourisme, l’hôtel, le guide in your pocket et le parlement, pas un n’avait les mêmes informations concernant les horaires et les modalités de réservation d’une visite. Voir le point précédent : beaucoup de portes fermées. Si ça se trouve, on a manqué des choses intéressantes, mais bon, à quoi sert l’office du tourisme si ce n’est à les proposer ?

Heureusement, on a  fait quelques trucs cools quand même

1.       Manger

A l’opposé de la déception culinaire de Budapest, Bucarest nous a offert un festin !
La cuisine est excellente, un mélange cosmopolite venu d’Europe du Nord, d’Italie et des Balkans… Savoureuse, consistante, variée… excepté pour les desserts mais les salons de thé rattrape largement cela.

Nos adresses :

Metuka bio, végétarien et fait maison !
Crama domneasca


2.        Les thermes

Therme Bucuresti : Oui, que voulez-vous, nous ne pouvons pas résister à l’envie de faire trempette dans de l’eau chaude. Mais comment résister à une piscine extérieure à 36° alors qu’il neigeotte ?  Un moment de détente dans un décor luxueux pour un prix très abordable : 18€ par personne, pour une journée complète, avec accès aux trois ambiances : galaxy (gigantesques toboggans, sandwicherie),  the palm (bassins d’eau chaude intérieur et extérieur, cafétéria, aromathérapie et jacuzzi),  elysium (sauna, hammam, restaurant). Installations ultra-modernes, environnement très propre, beaucoup de personnel et consommations pas trop cher.

3.       Templul Coral


S’il y a une seule visite à faire, c’est bien celle-ci. Gilbert Saim, l’administrateur de la synagogue, est un puits de science qui vous transmettra sa passion (en anglais ou en français) sur ce bâtiment. Membre de la communauté juive, il se bat pour restaurer son importance, préserver le patrimoine juif de la ville de Bucarest et faire vivre le temple en organisant de nombreux évènements. Il est aussi de très bon conseil sur les choses à voir dans la ville.

C’est la personne qui nous a redonné le sourire après une journée à frapper à des portes de musées fermées.  Au-delà de la personnalité bienveillante de Gilbert Saim, le bâtiment est lui-même remarquable. Quelques photos pour vous donner un aperçu, ainsi qu’un reportage pour en apprendre plus sur l’histoire du lieu (qui a survécu à plusieurs tremblements de terre !).






Si le sujet vous intéresse, il y a également une exposition très vintage (à base de panneaux écrits à la main et à la machine à écrire s’il vous plait) dans la Grande Synagogue, qui est appelée un peu pompeusement le musée de l’holocauste. Pas un musée, mais un bâtiment et une expo très intéressante, planqués entre des blocs d’habitation très époque communiste. Pas engageant d’un premier abord, mais promis, ce n’est pas un coupe gorge !



4.       Le palais du Parlement


Il serait dommage de se priver de cette visite guidée, qui permettra d’apprendre plein de choses sur Ceausescu et sa folie des grandeurs, mais aussi sur le défi qu’à représenter la transition et la gestion actuelle du pays.

 (Je n'ai pas de photo, la batterie de rechange ayant lâchement décédé à cause du froid!)

Pour conclure…


Je dirais que Bucarest est une ville qui a du potentiel de développement, après Budapest et Rome plus tôt dans l’année, elle supporte mal la comparaison. Mais même prise pour elle-même, il semble que le tourisme dans la capitale soit au début de son développement, de l’aveu même des professionnels du domaine.

La plupart des guides ou des agences ne proposent de rester qu’une journée à Bucarest et de partir en excursion voir les châteaux par exemple.


Nous avions un petit budget et pas prévu de bouger, mais je pense que ça peut être une bonne idée. Quand on voit la qualité du merchandising autour de Dracula, on ne peut qu’imaginer que les circuits sont mieux rôdés et plus accueillants. Finalement, la Roumanie, j’y retournerais bien mais comme nos voisins allemands : pour visiter la campagne !  Et mon cher et tendre rajoute que Cluj-Napoca a l'air aussi chouette, c'est la capitale de la Transylvanie.

Rome en trois jours : trucs et astuces

Je suis partie trois jours à Rome en famille au mois de novembre… Il existe des tonnes et des tonnes d’articles pour préparer vos week-ends dans la capitale italienne, et tellement de choses différentes à voir que je ne me risquerais pas à vous lister les choses à faire.


Je vais simplement me contenter de vous donner les bonnes idées validées par notre petite troupe. Et je laisse également la carte avec les points d’intérêts et les restaurants dont nous nous sommes servis sur place (il y a des adresses transmises par des amies, que je n’ai pas testé mais qui peuvent toujours vous donner des idées !)



1. Quelques conseils en vrac


- Réservez toutes vos visites à l’avance sur le site de l’office du tourisme, celui du Vatican etc. Sérieusement, attendre, c’est mourir, et vous allez beaucoup attendre si vous ne faites pas preuve d’un peu d’organisation. Mieux vaut passer deux heures à visiter que deux heures à faire la queue pour un ticket. (enfin, ce n'est que mon avis !)

- Ne faites pas confiance aux horaires de bus de la compagnie publique pour faire le trajet de l’aéroport ciampino jusqu’à la gare ciampino (et ensuite il faut prendre le train jusqu’à la gare termini pour arriver au centre de Rome). Si vous réservez votre billet à l’avance ou à l’agence de l’aéroport dans une compagnie privée, vous en avez pour entre 4 et 6 € par personne (au lieu d’environ 4€ avec le bus + le train « public »), vous partez et vous arrivez à l’heure directement à termini. C'est aussi du temps de gagné pour les visites (et pas qu'un peu, nous avons attendu plus d'une heure le bus censé nous amener à la gare, ce qui a également décalé le train que nous avons pu prendre etc.).

2. L'hôtel


On vous conseille Imperial Room, juste à côté du Colisée. Bonne adresse transmise par ma belle-soeur et mon beau-frère : ils ne se sont pas moqués de nous !

Quand je dis juste à côté, c’est juste à côté : vous allez sur le trottoir devant l’hôtel, et BAM vue sur le Colisée. Les chambres sont spacieuses, le petit déjeuner correct, le café excellent (bon personnellement, je n'en bois pas, mais le reste de la troupe valide!), le personnel adorable et le tarif carrément abordable compte tenu de la localisation.
Ah oui, et c’est juste à côté des arrêts de bus Hop on/off pour les amateurs, et à deux pas de la station de métro du Colisée.

Quelques restaurants notables dans le coin :


- Trattoria luzzi tous les plats sont dans les 7€, faits maisons et en grande portion.  C’est un restaurant familial, avec uniquement des habitués (la devanture ne paye pas de mine). Vraiment une bonne adresse.

- Restaurant i clementini  plus raffiné, très bonne cuisine, service attentionné et ambiance détendue.

- L’excellent glacier Matteis et sa glace artisanale.



3. Nos visites près du Colisée (jour 1)



- Le Colisée : nous n'avons pas pris de visites guidées, il est déjà très impressionnant comme ça. Mais si vous souhaitez accéder aux sous-sols et au troisième étage, elle est obligatoire.  Pour préparer votre visite, je vous conseille cet excellent reportage : les mystères du passé : le Colisée.
Colisée - CC BY NC l'étrange épicerie

- La colline du Palatin : très grande surface avec énormément de vestiges, ça prend du temps (compris dans le billet du colisée)

Sur le Palatin - CC BY NC l'étrange épicerie

- Ludus Magnus : visible de l’extérieur et complètement gratuit, il s’agit des casemates des gladiateurs, autant y jeter un œil au passage
CC BY NC l'étrange épicerie - Ludus Magnus, en face de l'hôtel

- Le Domus Aurea : un bijou d’archéologie. La villa de Néron encore ensevelie, avec des fresques et des mosaïques préservées. Les fouilles sont toujours en cours, on rentre vraiment dans les coulisses des découvertes historiques ! Un coup de coeur !
superbe photo par @victor_gjzz qui lui, avait suffisament de batterie sur son appareil photo.

- La basilique Saint Clément : une visite que j’ai a-do-ré. En dessous de la basilique actuelle, se trouve une ancienne villa romaine avec l’eau courante (les canalisations fonctionnent toujours !), mais également un mithraeum (temple de Mithra) avec son autel et ce qu’on suppose être sa salle de classe. (Photos interdites...)

4. A faire le soir (et en plus c’est gratuit !)


En hiver, il fait nuit tôt et la plupart des musées ou des monuments historiques ferment à la tombée de la nuit. Il reste cependant plein de choses à faire, notamment s’y on aime s’en mettre plein les yeux et prendre des photos (spot photo en noir sur la carte)!

- Le Pincio est une colline où se trouve jardins et parc, il y a également la villa Borghese… si vous poussez un peu les amoureux qui viennent roucouler au début du coucher de soleil, vous pourrez voir tous les clochers et autres dômes romains à l’horizon.

Il faut monter tout là-haut - CC BY NC l'étrange épicerie

- Descendez ensuite jusqu’à la place d’Espagne : outre la fontaine « barcaccia », vous pouvez gravir les marches (encombrées de romain en train de papoter) jusqu’à l’église Trinita dei Monti… Vous aurez une magnifique vue sur le quartier, et l’église est également sympathique.
Attention blasphème en approche : le petit Jésus de la mini-chapelle au fond à gauche de l’église vaut le détour, pour une fois qu’il y a un truc moche dans une église italienne, je dénonce : qui donc l’a peint et saucissonné comme un rôti ??
Vue depuis les escaliers - CC BY NC L'étrange épicerie

- Allez ensuite voir la fontaine de Trévi et ses illuminations
Fontaine de Trévi - CC BY NC l'étrange épicerie

- Terminez par le Monument à Victor-Emmanuel II qui reste ouvert très tard, et qui donne une vue magnifique sur toute la ville. (les toilettes y sont super propres, si jamais cette info peut vous être utile.)
monument à Victor-Emmanuel II - CC BY NC L'étrange épicerie

vue sur le Colisée depuis le monument à Victor-Emmanuel II - CC BY NC l'étrange épicerie

vue depuis le monument à Victor-Emmanuel II - CC BY NC l'étrange épicerie


J'espère que ce petit article vous a plu et que vous y trouverez des informations utiles ! 

A bientôt pour la suite de mes aventures, direction Bucarest !

 




samedi 10 décembre 2016

Vostok – Laurent Kloetzer

Résumé

Vostok, Antarctique. L’endroit le plus inhospitalier sur Terre. Des températures qui plongent jusqu’à – 90 °C. En 1957, les Russes y ont installé une base permanente, posée sur un glacier de 3 500 mètres d’épaisseur, ignorant alors qu’à cet endroit, sous la glace, se cache un lac immense, scellé depuis l’ère tertiaire. Pendant des décennies, équipe après équipe, puits après puits, ils ont foré la glace. Pour trouver, peut-être, des formes de vie jusque-là inconnues.
Vingt ans après la fermeture de la base, un groupe d’hommes et de femmes y atterrit, en toute illégalité. Ils vont réchauffer le corps gelé de Vostok, réveiller ses fantômes. Ils sont là pour s’emparer du secret du lac. S’ils échouent, il ne leur sera pas permis de rentrer vivants chez eux.
Situé dans le même futur qu’Anamnèse de Lady Star, Vostok narre l’incroyable aventure d’une très jeune femme, Leonora, condamnée à laisser les derniers vestiges de son enfance dans le grand désert blanc.


sublime couverture d'Aurélien Police

Mon avis


Vostok est une petite pépite, qui se déguste comme on laisse fondre un chocolat sous sa langue. 

Le roman commence au Chili dans un futur proche, pays où s’affrontent deux mafias rivales, le Cartel (auquel appartiennent les personnages principaux), et les Andins. 

Les éléments fantastiques/SF sont très légers, il pourra donc plaire même aux gens peu attirés par ce genre : on trouve uniquement quelques drones, des  personnes perpétuellement connectés à l’interface ou les ghosts (une personne qui n’existe que tant que quelqu’un pense à elle)

Nous allons suivre Léonora, la petite sœur de Juan, chef du Cartel et prophète. Pour gagner cette guerre des clans, Juan doit pénétrer dans le système des Andins, et pour cela, dérober une clé que seule Veronica Lipenkova, une scientifique russe, détient… 

Mais évidemment, rien ne se passera comme prévu et il faudra se rendre jusque Vostok, Antarctique, pour révéler les mystères de la clé.


Le récit se partage entre les extraits du témoignage de Veronica Lipenkova, et la vie de Léonora

La jeune adolescente ne rêve que de fuir la prison dorée où son frère la retient pour sa propre sécurité, d'échapper à la violence du Cartel. C’est un personnage très touchant, plein d’espoir et de projets, avec un regard critique et juste sur le monde qui l’entoure. Elle a pour compagnon un ghost, Araucan,  leur relation est particulière, très tendre et enfantine.  Ils se verront tout deux entraînés à la suite du charismatique Juan. La relation entre le frère et la sœur est compliquée, conflictuelle, mais aussi extrêmement touchante.

J’ai lu à plusieurs reprises que ce roman est un excellent thriller technologique. C’est un excellent roman, c’est une certitude. Mais je ne le décrirais pas ainsi. J’ai vécu un pur moment hors du temps, dans une ambiance pesante et onirique comme la glace. C’est un récit lent mais passionnant et surtout plein de poésie.  C’est un espace à part, aussi étrange que doit l’être ce bout de monde glacé et ses secrets

La technologie est présente dans les avancées scientifiques de Veronica, qui raconte l’épopée de ses recherches des années 50 aux années 90 et nous transmet sa fascination, ses questionnements sur les secrets de Vostok, sans que jamais cela ne soit indigeste.

J’ai eu le sentiment de participer à une chasser au trésor passionnante, pleine de la magie des lieux difficilement accessibles et encore plein de mystères. 
Un coup de cœur !

 PS : un livre qui donne également très envie de se passionner pour les recherches passées et en cours sur la base de Vostok, car si Veronica Lipenkova n’existe pas, de valeureux chercheurs ont réellement participé à cette grande aventure scientifique.

Une petite sélection de liens :

vendredi 9 décembre 2016

Zone Est – Marin Ledun


Résumé

Thomas Zigler vit en Zone Est. Un immense territoire dans la région autrefois appelée Rhône-Alpes, coupé du reste du monde par de hauts murs.

Personne ne sait ce qu'il s'y passe. Thomas a à peine connu le monde d'avant la catastrophe. Un banal accident de labo qui a viré au cauchemar.

La population a été touchée par un virus et les survivants sont tous aveugles et bardés d'organes artificiels. Thomas n'y a pas échappé non plus.

Dans la Zone Est, il est payé pour voler la mémoire des gens aux profits de criminels intouchables. Mais lors d'une mission, il voit dans les souvenirs de sa victime une jeune femme « normale ». Or plus personne depuis 20 ans n'a vu d'humain biologique dans la Zone Est…

Mon avis


Zone est est un roman qui commence très bien : on suit Thomas, un humain « augmenté » d’yeux lui servant d’ordinateur intégré autant que de matériel pour piquer les souvenirs des gens, pendant l’une de ses missions. Dès les premières pages, un mystère apparaît, pourquoi cette jeune femme semble-t-elle 100% naturelle, dans une zone où il n’existe que des humains modifiés. Impossible de le lâcher.
Une ambiance cyberpunk pleine d’action, une intrigue qui se déroule comme un thriller visant à déjouer des complots, jusqu’au deux tiers du bouquin, j’étais convaincue et enjouée

Certes, des éléments de construction de l’univers semblent un peu bancal, certains personnages changent de camp comme on change de chemise : mais tout sera expliqué plus tard n’est-ce pas ?

En effet, tout s’explique dans ce dernier tiers, avec une telle débauche de grosses ficelles et de « retournements » de situation que cela en devient indigeste. Un tel manque de subtilité m’a littéralement donné l’impression qu’on se moque de moi. Tout ça pour ça ? Quand bien même ce dénouement peu original soulève quelques questions de type  « finalement êtes-vous protégés à l’intérieur ?  Qui est réellement informé ? L’industrie pharmaceutique, tous des pourris », ce n’est pas suffisant pour être satisfaisant.
C’était une lecture commune avec mon conjoint, qui a calé dans sa lecture à 80% sur sa liseuse, n’ayant même pas envie de continuer.

Une lecture décevante, avec un environnement de ce type et une intrigue entraînante, l’auteur avait sûrement dans ses cartons de quoi faire une fin moins facile.